‹ L’Algidité traumatique: Son rôle dans la pathogénie du chocChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Du sens qui convient de donner

au terme “ algidité ”.

En Médecine le terme « Algidité » est employé bien souvent sans qu'une signification précise lui soitattachée. D'ailleurs les définitions données par les auteurs ne sont pas faites pour diminuer notre embarras — comme par exemple la définition suivante empruntée au dictionnaire de physiologie de Ch. Richet.

« Terme médical indiquant la période d’une affection morbide pendant laquelle il y a, soit une sensation de refroidissement, soit un refroidissement. Ce terme ayant une signification ambiguë, nous renvoyons à l’hÿpotermie qui a un sens précis.»

Cependant quand l'éminent physiologiste Marey fit de lalgidité une étude si magistrale, sa conception lucide, basée sur des faits minutieusement observés, répondait sans doute à autre chose qu'à de l’hypothermie.

À la lumière des données, laissées par Marey, nous allons donc essayer de nous faire de l’état algide une idée aussi claire et aussi exacte que possible.

Cliniquement l’état algide se traduit par un groupe de signes cardiovasculaires et thermiques, variables suivant la forme de l’état algide, dont la caractéristique est le syndrome de circulation périphérique réduite commun à tous les élats algides.

«Le mot algidité, s'applique, dit Marey, à un ensemble de

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symptômes opposés à ceux de la fièvre; les extrémités sont froides, la peau décolorée, les traits amaigris, la face grippée comme celle d’un cadavre. Les doigts sont quelquefois si effilés que les bagues tombent d’elles-mêmes. Le pouls est petit, parfois irrégulier, la fréquence en est tantôt plus grande qu'à l’état normal et tantôt diminuée. »

Ce tableau clinique répond, on le voit, à divers états lenant aux causes les plus variées. Il s'adresse aussi bien à l'état algide qui précède le choc qu'au choc lui-même, à l’algidité de l'hémorragie comme à l’algidité du choléra, du paludisme ou de l’agonie. C’est là encore une sorte de carrefour pathologique dont les voies d'accès sont multiples.

Mais tous ces états ont des caractères communs, dont la traduction clinique : refroidissement des extrémités, pâleur des téguments facies aux traits tirés, au nez pincé, aux yeux excavés. constitue un véritable syndrome, syndrome de circulation périphérique réduite.

C’est la réduction de la circulation périphérique qui fait dire à l'entourage du malade, plus réaliste et moins éclectique dans le choix de ses expressions, que le malade se cadavérise.

« Expression très juste, dit Marey, car le cachet de la mort est précisément dû à la vacuilé et au resserrement du SyStème vasculaire périphérique, au moment où le cœur s’arrête. Le sang logé dans les artères s'échappe à travers les capillaires et passe dans le système veineux.

« Et comme il n'arrive plus de nouvel afflux pour maintenir la turgescence des organes, ceux-ci s’aflaissent par retrait de leurs vaisseaux, el perdent leur volume normal. »

La vacuité du système capillaire explique non seulement la pâleur de la face et des téguments, mais encore l'excavation des Yeux, par affaissement des globes oculaires sur leurs coussins cellulo-graisseux, diminués de volume. La réduetion de la circulation périphérique a pour conséquence un abaissement marqué de la température des extrémités et tout

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se passe dans une cerlaine mesure comme si le malade était plongé dans un bain froid. Souvent, il a la sensation de refroidissement, il tremble, claque des dents, gémit, tant que sa sensibilité est conservée; plus tard, à un degré plus avancé, dans le collapsus algide, il n'en sera plus de même.

Quoi qu'il en soit, l’algidité trouve une base physiologique; c'est un arlériospasme primitif ou secondaire; c’est une réduclion notable de la circulation périphérique normale.

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