‹ LamarckChapitre 14 sur 16 · GG · texte numérisé non relu

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Comme une pareille proposition ne saurait être admise que sur des preuves et non sur sa simple énonciation, essayons de la mettre en évidence par la citation des principaux faits connus qui en constatent le fondement.

Les animaux vertébrés dont le plan d’organisation est dans tous à peu près le même, quoiqu’ils offrent beaucoup de diversité dans leurs parties, sont dans le cas d’avoir leurs mâchoires armées de « dents » ; cependant ceux d’entre eux que les circonstances ont mis dans l’habitude d’avaler les objets dont ils se nourrissent, sans exécuter auparavant aucune « mastication », se sont trouvés exposés à ce que leurs dents ne reçussent aucun développement. Alors ces dents, ou sont restées cachées entre les lames osseuses des mâchoires, sans pouvoir paraître au dehors, ou même se sont trouvées anéanties jusque dans leurs éléments.

Dans la baleine, que l’on avait cru complètement dépourvue de dents, M. Geoffroy les a retrouvées cachées dans les mâchoires du fœtus de cet animal. Ce professeur a encore retrouvé, dans les oiseaux, la rainure où les dents devaient être placées, mais on ne les y aperçoit plus.

Dans la classe même des mammifères, qui comprend les animaux les plus parfaits et principalement ceux dont le plan d’organisation des vertèbres est exécuté le plus complètement, non seulement la baleine n’a plus de dents à son usage, mais on y trouve aussi, dans le même cas, le four-

miller (« myrmecophaga »), dont l’habitude de n’exécuter aucune mastication s’est introduite et conservée depuis longtemps dans sa race.

Des yeux à la tête sont le propre d’un grand nombre d’animaux divers et font essentiellement partie du plan d’organisation des vertébrés.

Déjà néanmoins la ttiupe, qui, par ses habitudes, fait très peu d’usage de la vue, n’a que des yeux très petits et à peine apparents, parce qu’elle exerce très peu cet organe.

L’Aspalax d’Olivier (Voyage en Egypte et en Perso, II pl. 28, f. 2), qui vit sous terre comme la taupe et qui vraisemblablement s’expose encore moins qu’elle à la lumière du jour, a totalement perdu l’usage de la vue: aussi n’offre-t-il plus que des vestiges de l’organe qui en est le siège, et encore ces vestiges sont tout à fait cachés sous la peau et sous quelques autres parties qui les recouvrent et ne laissent plus le moindre accès à la lumière.

Le Protée, reptile aquatique, voisin des salamandres par ses rapports et qui habite dans des cavités profondes et obscures qui sont sous les eaux, n’a plus, comme l’Aspalax, que des vestiges qui sont couverts et cachés de la même manière.

Voici une considération décisive, relativement à la question que j’agite actuellement.

La lumière ne pénètre point partout; conséquemment les animaux qui vivent habituellement dans les lieux où elle n’arrive pas, manquent d’occa-

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