‹ Lamartine de 1816 à 1830: Elvire et les "Méditations". Documents inéditsChapitre 44 sur 72 · LAMARTINE F.T [/ÉCOLE ROMANTIQUE · texte numérisé non relu

LAMARTINE F.T [/ÉCOLE ROMANTIQUE

surtout dans l'arène politique, au milieu et au-dessus des partis, [tour l'ordre, pour la patrie, pour la civilisation, pour la liberté.

On a reproché à Victor Hugo de s'être laissé déroyaliserpar Sainte-Beuve, dès le mois d'août i83o (i), et d'avoir célébré les héros de Juillet dans une cantate fameuse, ta peine si le vieux roi, son bienfaiteur, avait mis le pied sur la terre d'exil. Il est certain qu'il aurait pu accepter le fait accompli avec un peu plus de discrétion et de dignité. Lamartine a dit quelque part que « la décence est la vertu des changements de scènes politiques (2) ». Sous ce rapport, il donna à Victor Hugo une belle leçonetun noble exemple. Royaliste de naissance et d'opinion, il n'aimait pas les d'Orléans à cause de leur conduite tortueuse sous les derniers règnes, mais comme il était convaincu que les royalistes avaient « librement, gaiement et volontairement perdu la France et l'Europe, et que le bon Dieu la leur remît-il dix fois dans la main, dix fois, et mille fois ils la reperdraient », il n'avait aucune raison de se solidariser plus longtemps avec eux. Il donna donc sa démission de diplomate pour ne pas manquer à la reconnaissance et à la convenance, et puis il se rallia sans bruit au gouvernement du roi Louis-Philippe, parce que « les devoirs de l'homme et du citoyen ne cessent pas pour nous le jour où un trône s'écroule et où une famille s'écarte (3) » et que sans Louis-Philippe la France allait à l'abîme. « Je le sers comme citoyen, écrivait-il au comte de Sercey, mais je n'ai pas voulu le servir comme salarié (4). »

(i) L'article de Sainte-Beuve parut clans le Globe du 19 août i83o.

(2) Souvenirs et portraits, t. II, p. 96.

(3) Gorresp. de Lamartine, t. III, p. 216-220.

(4) Id. p. 226.

Encore, pour bien marquer jusqu'où il entendait aller dans la voie du ralliement, voulut-il s'expliquer dès le mois de novembre avec le peuple des Trois Glorieuses. Victor Hugo, dans sa cantate, ne lui avait parlé que du sang versé, de ses héros, de ses martyrs. Lamartine lui adressa une Ode, non pour le flagorner ou pour lui prêcher la haine, mais « pour l'encourager au bien et à la vertu ». Et il faut lui rendre cette justice qu'il ne se départit jamais de cette attitude. Comme il n'avait aucune ambition politique, il ne fit aucune concession de principes, aucune bassesse, pour se ménager l'accès du pouvoir, de même que, dans son opposition contre le gouvernement, il eut toujours soin de se tenir éloigné de tous les partis extrêmes, de Chateaubriand qu'il méprisait (i), comme de Lamennais, son ami, dont il garda un mois sous clef le manuscrit des Paroles d'un croyant « pour l'empêcher de paraître ainsi », estimant que ce livre, malgré ses beautés de style, était l'évangile de l'insurrection, Babeuf divinisé, et qu'il était à sa politique ce que la Saint-Barthélémy était à la religion (2) ».

Sous Charles X, il n'admettait pas qu'on attribuât aux Jésuites le moindre privilège et qu'ils ne fussent pas soumis à la loi commune. «Il n'est pas d'article de foi, disait-il, qui défende de bien élever la jeunesse en

fi) Il écrivait le iS février 1827 : « Chateaubriand est un intrigant en déroute; transfuge de deux camps, thersite politique, il faut lui fermer la Louche avec un sceau d'or; il ne s'est montré digne que d'une telle récompense. 11 pouvait mériter le pouvoir et la gloire, il les a sacrifiés à une haine puérile. Je le méprise. »

lit encore, le 12 avril 1828 : « On dit M. de Chateaubriand premier ministre. Tant pis pour lui et pour nous. 11 y a des manières de monter qui rendent la chute inévitable quand on arrive au sommet. Mal entré, mal sorti, mal rentré, avec cela il ne peut que mal faire et faire mal. » (Corresp. — Lettre à (Virieu,)

(2) Corresp., t. III, p. 337.

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reconnaissant la suprématie dos lois d'un pays et <-ii s"\ soumettant par amour du bien (i). »

Sous Louis-Philippe, il combattit toutes les mesures de rigueur qui avaient pour but de chasser les Jésuites de l'enseignement, non par sympathie pour leurs personnes ou leurs doctrines, mais parce que tous les monopoles lui étaient odieux et qu'il voulait la liberté pour tout le monde.

Et pendant quatorze ans, sans se laisser intimider ou séduire par les menaces ou les flatteries des partis contraires, il traita à la tribune de la Chambre les plus grandes affaires de l'Etat, avec une compétence, une hauteur de vues à rendre jaloux les ministres et les avocats de métier. Mais la politique, si absorbante qu'elle soit, ne l'accapara jamais entièrement. Après avoir discouru sur la conversion de la rente ou sur les chemins de fer, il aimait à se reposer dans la compagnie des Muses; seulement il cultivait moins celle des Méditations et des Harmonies. Depuis que le poète s'était doublé d'un homme d'action, les Muses qui avaient ses préférences étaient celles de l'Histoire et de l'Epopée. Dans le court espace de deux ans, il publia Jocelyn et la Chute d'un an je qui renouvelèrent et accrurent sa réputation. Ces deux poèmes furent bientôt suivis de l'Histoire des Girondins, qui donna à son nom la grande popularité. Les Girondins secouèrent la France jusque dans ses fondements et vérifièrent, par la révolution de Févrierqui en fut la suite, la prédiction que lady Stanhope avait faite à Lamartine au cours de son voyage en Orient. Il fut roi. Mais, hélas ! la couronne que le 24 Février lui mit au front

(1) Correspondance de Lamartine, t. III, p. 102.

ne fut qu'une couronne d'épines. Après avoir rempli pendant quelques semaines, au péril de ses jours, le rôle glorieux de Tyrtée et d'Orphée, le lion qu'il avait d'abord charmé le jeta par terre et faillit le dévorer ; cependant, il souffrit moins, sous cet opprobre immérité, de la griffe du lion populaire que des coups de pieds de l'a ne qu'il reçut de quelques-uns de ses amis. Hâtons-nous de le dire, Victor Hugo ne fut pas du nombre. Sans avoir jamais fait campagne avec lui contre le gouvernement qui compromettait la monarchie de Juillet, sans partager toutes ses idées politiques, il le suivit dans toutes les manifestations de sa pensée avec une sympathie d'autant plus vive qu'il se savait payé de retour (1).

Et, en effet, chaque fois qu'il avait livré bataille à la Comédie-Française ou à la Porte-Saint-Martin, Lamartine l'avait encouragé de ses applaudissements. Quand il s'était présenté à l'Académie, il avait été un de ses plus chauds patrons, et le seul regret d'Hugo dans cette circonstance était de ne pas être reçu par lui. « Quel dommage! disait-il à Mme de Girardin, que j'aurais aimé à dire ce que je pense de lui tout haut et comme je l'aurais bien dit (2) ! » Quand il avait perdu sa fille Léopoldine dans les circonstances tragiques que l'on sait, il avait été l'un des premiers à lui porter ses condoléances. Un peu plus tard, lors de son aventure

(1) Lors de la publication de la C/tute d'un ange fi838) il lui écrivait: « Vous avez fait un grand poème, mon ami. La Chute d'un ange est une de vos plus majestueuses créations. Quel sera donc l'édifice, si ce ne sont là que les bas-reliefs ! Jamais le souffle de la nature n'a plus profondément pénétre et n'a plus largement remué de la base à la cime et jusque dans les moindres rameaux une œuvre d'art ! Je vous remercie de ces belles heures que-je viens de passer tète-à-tète avec votre génie. » (Lettres à Lamartine, 14 mai i838, p. 109.)

(2) Lettres à Lamartine, p. i83.

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scandaleuse avec la femme du peintre Riard, qui faillit lui coûter la pairie, il ne fut pas deceux qui lui jetèrent la pierre.

« J'en suis fâché, écrivait-il à Aymon de Virieu, mais ces fautes-là s'oublient vite. La France est élastique, on se relève même d'un canapé ( i). »

Enfin, eni8'|S,à peine Lamartine était-il installé au ministère des Affaires étrangères, qu'il prenait comme secrélaireslesdeux filsde VictorHugo, et c'est chez lui, place Royale, que, le 27 février, pour se dérober aux embrassements de la « sainte canaille », il vint chercher un refuge, après s'être échappé de l'Hôtel-de- Ville.

« Cher et illustre ami, lui écrivait ce jour-là Victor Hugo, j'étais allé vous saluer sur la place publique pendant que vous veniez chez moi me serrer la main.

« Ce serrement de main, je vous l'envoie.

a Vous faites de grandes choses. L'abolition de la peine de mort, cette haute leçon donnée par une république née d'hier aux vieilles monarchies séculaires est un fait sublime.

« Je bats desmains et j'applaudis du cœur. Vous avez le génie du poète, le génie de l'écrivain, le génie de l'orateur, la sagesse et le courage. Vous êtes un grand homme.

« Je vous admire et je vous aime (2). »

Quelques mois plus tard, le 24 mai 18^9, Victor Hugo écrivait de l'Assemblée à Charles de Lacretelle :

« Cher et vénérable ami,

« Mon cœur répond à votre cœur. Ma réélection n'est rien, ce qui est une douleur pour la France, ce qui

orresp. de Lamartine, t. IV, p. 20G.

(2) Corresp.de Victor Hugo, t. II.

est une honte pour Màcon, c'est la non-réélection de Lamartine. Lamartine a fait clés fautes grandes comme lui. et ce n'est pas peu dire, mais il a foulé aux pieds le drapeau rouge, il a aboli la peine de mort, il a été quinze jours l'homme lumineux d'une révolution sombre; aujourd'hui nous passons des hommes lumineux aux hommes flamboyants.de Lamartine à Ledru-Rollin, en attendant que nous allions de Ledru-Rollin à Blanqui (i) !,.. »

On aurait certainement provoqué sa colère, si on lui avait dit alors qu'un jour viendrait où, par-dessus les ruines fumantes de Paris, il tendrait la main à Blanqui et à tous les échappés de la Commune que le vieux révolutionnaire avait égarés.

La séparation, fille du coup d'Etat, n'arrêta pas les effusions du cœur de Lamartine et d'Hugo. S'ils ne pouvaient plus se voir, ils pouvaient toujours s'écrire. Cependant Lamartine, qui était reste en France, avait un cadenas sur la bouche, cadenas d'autant mieux fermé que le prince-président, et puis l'empereur, en avait en quelque sorte la clef de sûreté dans sa poche. Pour l'attacher à son char de triomphe, Louis-Xapoléon lui avait offert la présidence du Sénat qu'il avait très dignement refusée, et plusieurs fois, sachant au milieu de quelles difficultés matérielles il se débattait, il lui avait fait offrir de payer ses dettes. On sait qu'à la veille de mourir, sur les instances de sa nièce et de ses amis, Lamartine finit par accepter une dotation de

(i) Lettre inédite communiquée par M. Pierre de Lacretelle.

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cinq cent mille francs. Mais le bâillon qu'il avait sur les lèvres ne l'empêcha pas d'admirer, dans les Châtiments el IVapoléon-le-Petit, la nouvelle face du talent de Victor Hugo, quoiqu'il n'aimât pas les diatribes de ce genre. c< Six mille vers d'injures ! disait-il à son secrétaire api es avoir lu les Châtiments jc'esttout de même beaucoup! » Lorsque les Contemplations parurent, il donna à l'exilé d'Hauteville-House, qui lui en avait adressé un exemplaire avec cette dédicace : « A Lamartine, Victor Hugo », un dernier témoignage d'amitié qui dut le toucher jusqu'aux larmes. On avait eu la pieuse pensée d'offrir à Mma Victor Hugo, en uuise d'album, un exemplaire richement relié du livre de son mari, et l'on avait demandé à Lamartine comme à beaucoup d'autres d'y écrire quelques vers. Naturellement Lamartine s'était empressé de répondre à ce désir, mais, comme s'il s'était souvenu du mot de Dante: « Il n'est pire douleur!... » il n'avait trouvé rien de mieux que de rappeler à M'"c Victor Hugo le plus beau jour de sa vie. Cela portait, en effet, cette dédicace datée du 5 juin 1 856 :

A 3I'ne Victor Hugo

SOUVENIR DE SES NOCES ( i)

Puis venaient ces vers qu'on peut lire aujourd'hui en autographe sur l'exemplaire des Contemplations déposé au Musée de la place Royale (2) :

h) Lors du mariage de Victor Husro (12 octobre 1822), Lamartine était descendu à Paris, rue Saint-Honoré, 327. dans une maison avant un joli jardin sur les Tuileries ». 11 est probable qu'il n'assista qu'au mariage civil, peut-être même qu'au dîner, car sa signature ne fisure pas au bas de l'acte du mariage religieux sur le registre de l'égiise Saint-Sulpice.

(2) On peut voir aussi dans la Maison de Victor Hugo l'encrier offert par Lamartine à son ami pendant qu'il habitait à Guernesey.

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Le jour où cel époux, comme un vendangeur ivre, Dans son humble maison l'entraîna par la main,

Je m'assis à la table où Dieu vous menait vivre, Et le vin de l'ivresse arrosa notre pain.

La nature servait celte amoureuse agape ; Tout était miel et lait, fleurs, feuillages et fruits, Et l'anneau nuptial s'échangeait sur la nappe, Premier chaînon doré de la chaîne des nuits!

Psjché de cette cène où s'éveilla ton âme, Tes yeux noirs regardaient avec élonnement, Sur le front de l'époux tout transpercé de flamme, Je ne sais quel rayon d'un plus pur élément :

C'était l'ardent brasier qui consume la vie,

Oui fait la flamme ailleurs, le charbon ici-bas !

Et tu le demandais, incertaine et ravie :

Est-ce une âme? Est-ce un feu?... Mais tu ne tremblais pas!

Et quand du dernier vin la coupe fut vidée, J'efleuillai dans mon verre un bouton de jasmin ; Puis je sentis mon cœur mordu par une idée, Et je sortis d'hier en redoutant demain !

Et maintenant je viens, convive sans couronne, Redemander ma place à la table de deuil; 11 est nuit, et j'entends sous les souffles d'automne Le stupide Océan hurler contre un écueil !

N'importe; asseyons-nous ! 11 est fier, tu fus tendre ! — Que vas-tu nous servir, ô femme de douleurs ? Où brûlèrent deux cœurs, il reste un peu de cendre: Trempons-la d'une larme ! — Et c'est le pain des pleurs !

Sans le vouloir, Lamartine remuait bien des choses tristes avec ce pieux souvenir de 1822. Quelques années après il publiait ces vers dans les Recueillements, et Victor Hugo pouvait lire à la suite le commentaire que voici :

« Nous avons lu comme tout le monde les deux volu-

mes de poésies intitulés Contemplations, que M. Victor Hugo vient de publier. Il ne sied pas à un poète de juger l'œuvre d'un poète, son contemporain et son ancien ami. La critique serait suspecte de rivalité, l'éloge paraîtrait une adulation aux deux plus grandes puissances que nous reconnaissons sur la terre : le génie et le malheur. »

Une fois cependant Lamartine crut devoir sortir de celte sage réserve. Ce fut à l'occasion de la publication tapageuse des Misérables dont les tendances sociales l'avaient quelque peu révolté. Il disposait alors du Cours familier de littérature ; il en lit l'objet de plusieurs Entretiens et dit franchement ce qu'il en pensait. Celte franchise ne plut qu'à moitié à Victor Hugo qui, comme on le sait, avait 1'épiderme extrêmement sensible. Mais il ne lui en garda pas rancune. C'est tout au plus s'il se permit un quolibet à son adresse (i) et si le témoin de sa vie parut s'en souvenir dans le récit légèrement ironique qu'il fit de leur arrivée à Saint-Point en 1826. Hélas! que ces jours étaient loin! et quelle tragédie que la vie quand elle cesse d'être comique! Mme de Lamartine, qui leur avait semblé un peu collet-monté, un peu province ou trop anglaise, dans sa robe de cérémonie, mourut au mois de mai i863, emportant avec elle les regrets, la vénération de tous ceux qui l'avaient approchée dans les bons ou les mauvais jours. C'était une âme très haute dont le seul travers fut un puritanisme exagéré. Lamartine, qui l'avait si bien naturalisée française, n'avait jamais pu lui faire perdre l'accent ou, si l'on préfère, le Ion de son pays d'origine. Mais par quelles qualités de

(i) Après avoir lu les arlicles de Lamartine, il dit : Cela pourrait peler Essai d: morsure par an cyjnc.'

cœur et d'espri telle rachetait ce petit défaut ! Pendant

quarante ans on peut dire qu'elle fut la Providence de son mari, l'ange gardien de son foyer.

« Un grand malheur vous frappe, écrivait Victor Hugo à celui qui venait de la perdre, j'ai besoin de mettre mon cœur près du vôtre. Je vénérais celle que vous aimiez. »

Heureusement qu'en lui prenant sa femme Dieu lui avait laissé une Antigone! Je ne trouve pas d'autre nom pour qualifier sa nièce Valenline. C'est elle, en effet, qui veilla sur sa vieillesse si triste et qui, après l'avoir consolé dé toutes les ingratitudes de ce monde, lui ferma très doucement les yeux.

« Depuis 1 821, lui écrivait Victor Hugo, le 10 mars 18G9, j'étais uni de cœur avec Lamartine. Cette amitié de cinquante ans subit aujourd'hui l'éclipsé momentanée de la mort... Toutes les formes de la gloire, depuis la popularité jusqu'à l'immortalité, Lamartine les a, radieux poète, orateur puissant et durable. »

11 aurait pu ajouter « homme d'Etat-prophète »,car jamais pasteur de peuple n'eut au même degré que lui le don de seconde vue (1). A cet égard, comme à tant d'autres, il fut vraiment un magicien.

(1) Un exemple entre mille : Le i\ octobre i83o, il écrivait à Aymon de Virieu : « Nous attendons aujourd'hui la nouvelle d'une révolution nouvelle à Paris. Mes lettres sont très alarmantes. Tu auras la République, j'en frémis. Je ne vois pas comme toi le bien sortant du mal, faux principe : le mal sort du mal, et le mieux sort du bien. Si la Révolution nouvelle a réellement éclaté hier, si nous sommes en république trois mois, je te le dis avec la confiance d'un prophète, il n'y a plus de France ou il n'y a plus d'Europe. J'en suis aussi convaincu que je l'étais des coups d'Etat le jour du ministère Polignac, et de leur impuissance le jour qu'ils éclatèrent. — O seconde vue. malheureux don des hommes très politiques! Oui, nous restons exactement de même moralement, religieusement, politiquement, mais nous ne pourrions faire un journal ensemble. Nous parlons, comme dit très bien ta feinme.de deux

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