L.VMAUTI.Nlf
Je n'examinerai ici qneles manuscrits de ces ouvrages, parce que, seuls, ils entrent dans le cadre de cette étude. Ce sont, d'ailleurs, les plus intéressants à tous les points de vue.
D'abord ils nous livrent le secret de la composition du poète et de sa méthode de travail.
Ensuite ils nous donnent la date certaine des pièces les plus importantes.
Enfin, sans parler des nombreuses variantes par où dilTèrent les versions parfois multiples du texte original et du texte imprimé des éditions successives, ils renferment beaucoup de vers qui ont été oubliés ou négligés volontairement dans les copies livrées à l'impression.
l'original deux strophes de plus que dans les Recueillements. Ces deux strophes sont les suivantes :
Pendant que mon regard nage ainsi dans l'espace, Mes yeux inaperçus cherchent ses yeux distraits. Mon âme jusqu'au fond de sa jeune àme plonge Et des rêves de l'ange y surprend les secrets.
Des mondes de beauté, de désirs, de tendresse Qui floitent colorés des reflets de ses yeux, Créations d'un cœur qu'un poids de vie oppresse Et qui dans un regard englobent mille cieux.
Eu surcharge :
Et qui dans ce regard m'élargissent les cieux.
En fait de variantes je ne citerai que celle-ci dans la dernière stroph( . On lit dans les Recueillemenls :
Oh ! dites-nous ce nom, ce nom qui fait qu'on aime, Qui laisse sur la lèvre une saveur de miel. — Non, je ne le dis pas sur la terre à moi-même. Je l'emporte au tombeau pour membellir le ciel. Lamartine avait d'abord écrit :
Non ! le dire ici-bas ce serait un blasphème. Pourquoi?... Ce vers énigmatique pourrait bien fortifier la légende qui court en un certain milieu sur le mariage mystique de Lamartine avec sa nièce.
LES MANLSCniTS DE LVMARTINE IQI