‹ Lamartine de 1816 à 1830Chapitre 32 sur 89 · LE LAC · texte numérisé non relu

LE LAC

i'*^ strophe, 2'^ vers, il avait écrit d'abord : Sans pouvoir rien Jîxer, enli'uinés sans retour

11 a i m [trimé :

Dans la nuit élernelle emportés sans retour 2strophe, !\'' vers. — Il avait écrit : Chanta ces tristes mots

Il a imprimé :

Laissa tomber ces mois

10 strophe, i*^ vers. — Il avait écrit : O lac, rochers muets, imposante verdure 1

11 a im|)rimé:

ijrotles, forêt obscure.

i.")' strophe, ■> • vers. — Il avait écrit : Dans les chants de les bords par tes bords répétés

11 a imprimé :

Dans les bruits de les bords par tes bords répétés.

Je ne dis rleii des deux strophes que Lamartine a supprimées par respect pour la mémoire de celle qui les avait inspirées. On les trouvera [)lus haut dans le chapitre d'AVr/Vr, p. 120.

l'immortalit::

ô et G" vers. — Lamartine avait écrit :

Oiiun autre à cet aspect ou recule ou frémisse (2yi'il cruirjne de Jij:er ce fond du précipice !

Il a imprimé :

Qu'uQ autre à cet aspect frissonne ou s'attendrisse, Qu'il recule en tremblant des bords du précipice.

9% 10^ et 1 1*^. — Il avait écrit :

Le brait du fossoyeur qui, d'un bras mercenaire, Pour un prochain cercueil creuse en sifflant la i'irre, Où l'airain gémissant dont les accents confus Annoncent aux mortels qu'un malheureux n'est plus !

Il a imprimé :

Les soupirs étouffés d'une amante ou d'un frère, Suspendus sur les bords de son lit funéraire, Ou l'airain g-émissant dont les sons éperdus Annoncent aux mortels qu'un malheureux n'est plus,

17e et iS*^. — Il avait écrit :

La nuit n'est pas ta sœur ni le hasard ton guide.

Il a imprimé :

Au secours des douleurs un Dieu clément le guide.

23e et 2 4". — H avait écrit :

Et l'espoir, près de toi, rêvant sur un tombeau, De r avenir caché s'éclaire le rideau .

Il a imprimé :

Et l'espoir près de toi...

Appuyé sur ta foi, m'ouvre un monde plus beau.

du 53e au 56®. — 11 avait écrit :

Vain espoir ! s'écriera ce docteur au front blême, Oui croit par A plus B résoudre ce problème. Et qui, soumettant tout à son étroit compas, Rejette hardi/nent ce qu'il ne comprend pas.

Il a imprimé :

Vain espoir ! s'écriera le troupeau d'Epicure, Et celui dont la main disséquant la nature,

LES MANLSCMTS DE LAMARTINE 20a

Dans un coin du cerveau nouvellement ilécril Voit penser la matière et veu^eter Icsprit.

du 8i«au 84®. — Il avait écrit :

Philosophes cruels, Je ne puis vous répondre. Ma raison aisémenl se laisserait confondre, Poar noyer noire espoir jnst/n'en son fondement Vous aves Cunioers, je nui i/ii'iin senlinienl.

Il a imprimé :

Ou'un nuire vous réponde, ô sages de la terre ! Laissez-Miui mon erreur : j'aime, il faut que j'espère ; Notre faible raison se trouble et se confond. Oui, la raison se tait ; mais l'iuslincl vous répond.

iSy' et i38". — Il avait écrit :

Ah ! si, dans cet instant, renversant les barrières Dont les sens captivaient nos âmes prisonnières.

II a imprimé :

Ah ! si, dans ces instants où l'àine fugitive S'élance et veut briser le sein qui la captive !

du lAg** au i52°. — 11 avait écrit :

Xon cet Lire parfait, suprême Intelligence, A des êtres sans but nei)t pas donné naissance ; Non, ce but est caché, mais il doit s'accomplir. Et ce qui peut aimer n'est pas né poar mourir ! . . .

Il a imprimé :

l'artai^eant le destin du corps (jiii la recèle, Dans la nuit du tombeau I àinc s'en£^loulit-ellc ? Tombe-t-ellc en poussière / ou, |)rèie à s'envuler, Comme un son (|ui n'est plus, va-t-elle s'exhaler? Après un vain soupir, après l'adieu suprême De tout ce qui l'aimait, n'esl-il plus rien (|ui t'aime ? Ah ! sur ce grand secret n'interroge cpae toi ! Vois mourir ce qui t'aime, Elvire, et réponds-moi !

C'est par ce derniers vers que finit la pièce du livre. Le manuscrit en contenait encore vingt-deux que j'ai cités à la fin du chapitre iïEhire.

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