L ISOLEMENT
2e strophe. — Lamartine avait écrit :
Ici mugit le fleuve aux vagues écumantes ; Il blancliit et s'enfonce en un lointain obscur. Là, le lac immobile élend ses eaux dormantes, Et le pâle Vesper tremble dans son azur.
Il a imprimé :
Il serpente.
Où l'étoile du soir se lève dans l'azur,
Suivait cette strophe, la troisième du manuscrit,
qui a été supprimée dans le livre :
Au-dessus des bameaux la rustique fumée Ou s'élève en colonne ou plane sur les toits ; Plus loin, dans la chaumière, une flamme allumée Semble un astre nouveau se levant sur les bois.
6® strophe, 3'' vers. — Il avait écrit : Je fixe chaque point de l'immense étendue.
Il a imprimé :
Je parcours tous les points de l'immense étendue.
Suivait cette strophe, la huitième du manuscrit, qui a été supprimée dans le livre :
Et qu'importe à mon cœur ce spectacle sublime, Ces aspects enchantés de la terre et des cieux! L'univers est muet, rien pour moi ne l'anime. Et sa froide beauté lasse bientôt mes yeux.
Cette strophe faisait double emploi avec la suivante, que Lamartine a conservée en la modifiant quelque peu :
jre version :
Que me font ces vallons, ces (les, ces chaumières, Froids objets dont pour moi le charme est envolé?
LES MANISCRIIS DK LXMAIiTlNIi 20"]
Fleuves, coteaux^ forèla, oinhres jadis si chères, In seul être vous manque et tout esl si peuplé.
2® version :
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières Wiins objets dont pour moi le charme esl envolé. Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, etc., etc.
Dans les strophes stiivantes, il a bifTé les mots inaouciriij-, pleuré, (oii/Oil/on, pour les remplacer par indiffèrent, rèoé, vent du soir.
l'ode a bvron
Cette ode devait avoir Sôo vers, d'après la lettre adressée par Lamartine à Virieu le 20 octobre 18 19. Elle n'en a que 28G dans le livre. En se reportant à la paçe 78 du tome II de la Correspondance de iMmartine, on peut voir fjue les suppressions ont porté sur la première partie de la pièce.
Après les vers :
Il triomphe, et la voix, sur un mode infernal. Chante l'hymne éternel au somhre dieu du mal,
venait celui-ci :
Gloire à toi ! fier Titan, j'ai partagé ton crime,
qui devait èlre le commencement d'une longue tirade, car Lamartine y avait ajouté : « etc. »
Les variantes, assez nombreuses, n'ont pas g-rande importance, mais la version nouvelle vaut toujours mieu.v que la première. Ainsi Lamartine avait écrit :
Gloire à loi, dans les lemps et dans rélernité, Toi, dont le néant même a fait /« volonté, Toi (lunl ihaque soleil atteste la puissance.'
Il a imprimé :
Gloire à toi, dans le temps et dans l'éternité,
Eternelle raison, suprême volonté !
Toi dont chaque matin annonce l'existence!
Voilà pour les pi^emières Méditations. — Dans les secondes, les variantes ne sont pas moins nombreuses ni les corrections moins sages. Ouvrons les albums.