LE PASSÉ
Nous l'avons dit, de tout le recueil c'est peut-être la pièce qu'il a le plus caressée. Gomme exemple de ses tâtonnements et de ses retouches, je citerai les strophes i et 19.
La première a pris cette forme dans le livre :
Arrêtons-nous sur la colline A l'heure où, partageant les jours, L'astre du matin qui décline Semble précipiter son cours.
En avançant dans sa carrière, Plus faible il rejette en arrière L'ombre terrestre qui le suit :
Et de l'horizon qu'il colore Une moitié se voit encore, L'autre se plonçe dans la nuit.
On lit dans le manuscrit :
Arrêtons-nous sur la colline
A l'heure où le flambeau des jours
Laisse. . . vois-tu
Le poète n'achève pas et continue :
Ainsi le flambeau de la vie Jetant d'inégales lueurs
Sur
Brille à peine à travers nos pleurs.
Ne tournons plus notre paupière Vers ce berceau de la lumière Qui fait nos