‹ Lamartine de 1816 à 1830Chapitre 34 sur 89 · LE PASSÉ · texte numérisé non relu

LE PASSÉ

Nous l'avons dit, de tout le recueil c'est peut-être la pièce qu'il a le plus caressée. Gomme exemple de ses tâtonnements et de ses retouches, je citerai les strophes i et 19.

La première a pris cette forme dans le livre :

Arrêtons-nous sur la colline A l'heure où, partageant les jours, L'astre du matin qui décline Semble précipiter son cours.

En avançant dans sa carrière, Plus faible il rejette en arrière L'ombre terrestre qui le suit :

Et de l'horizon qu'il colore Une moitié se voit encore, L'autre se plonçe dans la nuit.

On lit dans le manuscrit :

Arrêtons-nous sur la colline

A l'heure où le flambeau des jours

Laisse. . . vois-tu

Le poète n'achève pas et continue :

Ainsi le flambeau de la vie Jetant d'inégales lueurs

Sur

Brille à peine à travers nos pleurs.

Ne tournons plus notre paupière Vers ce berceau de la lumière Qui fait nos

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