ISCHIA
Cette pièce fut inspirée à Lamartine par sa femme dont le prénom (Elise) fi§"ure au dernier vers.
Le 9 octobre 1820, il écrivait de cette île à son ami de Virieu :
«... Voilà des stances toutes fraîches sur la nuit par le clair de lune ici :
Le soleil va porter le jour à d'autres mondes, Sur l'horizon désert Phœbé monte sans bruit. Pénètre pas à pas les ténèbres profondes.
Et jette un voile d'or sur le front de la Nuit. VoiS'tn du haut des monts ses clartés ondoyantes Comme un fleuve de flamme inonder les coteau.x,
LLb MANUSCRITS DE LAMARTINE 211
1 >ormir dans les vallons, ou a^lisscr sur les pentes, Ou rejaillir au loin du sein brillant des eaux.
'( Mais, ma foi! je m'arrête là, car les dames veulent s'aller coucher. »
Nous ne savons pas à quelle date il fit le reste de la (lièce.qui ne fic^ure pas dans le manuscrit déposé à la 13il)liolliè(|ue nationale. Mais quand il l'imprima, il changea ainsi la première slance :
Le soleil va porter le jour à d'autres inondes, Stir l'horizon désert IMuebé moule sans bruit. Et jette, en pénétrant les léiièbres profondes, Un voile transparent sur le front de la Nuit. N'oyez
l'esprit de dieu.
Strophe 7. — Lamartine avait écrit :
Tous deux ils luinbent dans la lutte, Sous son ennemi terrassé, Jacob entraine dans sa cliule U ange pur leclioc renversé:
Palpitant de honte et de race Soudain le pasteur se déçaije Des bras de Vlmbilanl des cieu.x, Surmonte sa masse accablante Et sur sa gorge haletante Pose un genou victorieux.
Il a i[n[)rimé :
Tous deux ils glissent dans la lutte, El Jacob enfin terrassé Chancelle, tombe, et dans sa chute Eotraine l'ange renversé :
Palpitant de crainte et de rage, Soudain le pasteur se dégage Des bras du combadant des cieux, L'abat, le presse, le surmonte Et, sur son sein goullé de honte, Pose un t^eacu victorieux.
La 9e strophe était suivie de celle-ci, que Lamartine a supprimée ; — probablement il aura jugé qu'elle ralentissait le mouvement lyrique de l'ode :
Ainsi dans les ombres du doute L'homme, hélas! éti^aré souvent Se (race à soi mêuie sa route Et veut voler contre le vent !
Mais dans celte lutte perdue Bientôt notre aile en vain tendue Contre l'esprit qui la combat Sur la terre tombe essoufflée Comme la voile désenflée Qui tombe et dort le long du mât.