‹ Lamartine de 1816 à 1830Chapitre 37 sur 89 · TRISTESSE · texte numérisé non relu

TRISTESSE

Dans le manuscrit, cette Méditation commence par ces vers qui furent transportés ensuite dans les Préludes dédiés à Victor Hugo:

Oh ! qui m'emportera sur des flots sans rivages ? Quand pourrai-je, la nuit, aux clartés des orages. Sur un vaisseau sans mâts, aa gré des aquilons, Fendre de l'Océan les liquides vallons, M'engloulir dans leur sein, m'élancer sur leurs cimes. Rouler avec la vague au bord des noirs abîmes Et revenir cent fois par les g-ouffres amers Flotter comme l'écume au sein des vastes mers? D'effroi, de volupté, tour à tour éperdue, Cent fois entie la vie et la mort suspendue, Peut-être que mon âme, au sein de ces horreurs, Y jouirait du moins de ?es propres terreurs.

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