‹ Lamartine de 1816 à 1830Chapitre 58 sur 89 · I. VMMiriNr KT i/k<x»li: i\o.m\ntioue · texte numérisé non relu

I. VMMiriNr KT i/k<x»li: i\o.m\ntioue

cinq cent mille francs. iMais le bâillon qu'il avait sur les lèvres ne rempêcha pas d'admirer, dans les Châtiments cl .V(//>o/('o«-A'-/^7/V, la nouvelle face du talent de Victor Hui,^o, quoi([u'il n'ainuit pas les diatribes de • 1,'enre. « Six mille vers d'injures! disait-il à son secrétaire a[iiès avoir \\x les C/i(/li/nrnts,ccs\.iouii.\c même beaucoup! » Lorsque les Conlcm/j/atio/is parurent, il donna à l'exilé d'ilauteville-IIouse, qui lui en avait adressé un exemplaire avec cette dédicace : « A Lamartine, Victor lIuu:o », un dernier témoignage d'amitié qui dut le loucher jusqu'aux larmes. On avait eu la pieuse pensée d'offrir à M""' Victor Ilui^o, en guise d'album, un exemplaire richement relié du livre de son mari, et l'on avait demandé à Lamartine comme à beaucoup d'autres d'y écrire quelques vers. Naturellement Lamartine s'était empressé de répondre à ce désir, mais, comme s'il s'était souvenu du mot de Dante: « Il n'est pire douleur!... » il n'avait trouvé rien de mieux que de rappeler à M'"*' Victor Hugo le [•lus beau jour de sa vie. Cela portait, en ellet, cette dédicace datée du ô juin i8.jG :

{ j/nic Victor Ilufjo

SOUVENIR DE SES NOCES (l)

Puis venaient ces vers qu'on peut lire aujourd'hui en autographe sur l'exemplaire des Contemplations déposé au Musée de la place Royale (2) :

'i) Lors du mariaçe de Victor Hujo (12 oclobrc i8h;!). Lamartine clail descendu à Taris." rue Saifil-Hoiion', .327, dans une maison ayant un joli jardin sur les Tuileries ». Il est probable (lu'il n'assista qu'au mariage civil, p<.'ul-ètre même qu'au dîner, car sa siçnatu/e ne fiEçure pas au bas de Tactc du mariage religieux sur le registre de l'église

i voir aussi dans la Maison de Victor IIu^o rcncricr oftcrt {<• . .'^c à son ami pendant qu'il liabilail à Guernesey.

i']l\ LAMAUTINE

Le jour où cet époux, comme un vendangeur ivre, Dans son liuniblc maison t'entraîna par la main, Je m'assis à la table où Dieu vous menait vivre. Et le vin de l'ivresse arrosa notre pain.

La nature servait celte amoureuse agape ; Tout était miel et lait, fleurs, feuillages et fruits, Et l'anneau nuptial s'échangeait sur la nappe, Premier chaînon doré de la chaîne des nuits!

Psyché de cette cène où s'éveilla ton âme, Tes yeux noirs regardaient avec étonnement, Sur le front de l'époux toul transpercé de flamme, Je ne sais quel rayon d'un plus pur élément :

C'était l'ardent brasier qui consume la vie,

Qui fait la flanune ailleurs, le charbon ici-bas !

Et tu te demandais, incertaine et ravie ;

Est-ce une âme? Est-ce un feu?... Mais tu ne tremblais pas!

Et quand du dernier vin la coupe fut vidée, J'efl'euillai dans mon verre un bouton de jasmin ; Puis je sentis mon cœur mordu par une idée. Et je sortis d'hier en redoutant demain !

Et maintenant je viens, convive sans couronne. Redemander ma place à la table de deuil; 11 est nuit, et j'entends sous les souffles d'automne Le stupide Océan hurler contre un écueil !

N'importe; asseyons-nous 1 11 est fier, tu fus tendre I — Que vas-tu nous servir, ô femme de douleurs? Où brûlèrent deux cœurs, il reste un peu de cendre : Trempons-la d'une larme 1 — Et c'est le pain des pleurs !

Sans le vouloir, Lamartine remuait bien des choses tristes avec ce pieux souvenir de 1822. Quelques années après il publiait ces vers dans les Recueillenienls, et Victor Hugo pouvait lire à la suite le commentaire que voici :

« Nous avons lu comme tout le monde les deux volu-.

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