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(ju'uii [xmvait le bouder el même lui faussercompagnie, il ne se reprenait jamais plus.
Or, il avait eu tout de suite un faible pour Sainte- Beuve et le lui avait manjué dans une épître en vers à lacjuelle il ajouta plus tard un commentaire bien fait pour tlaller son amour-propre de poète (i). On sait que le secret dépit de Sainte-Beuve était de n'avoir pas obtenu en poésie tout le succès qu'il croyait mériter. <Juelques-uns même y ont vu la cause réelle de ses petites rancunes contre ses anciens amis du Cénacle. Ce qu'il y a de sur, c'est qu'on ne lui faisait jamais plus de plaisir qu'en lui rappelant qu'il était poète :
Un poêle endormi toujours jeune et vivant,
commele lui disaitun jour Musset. Lamartine, qui avait salué en lui un Novalis, avait été le premier à regretter qu'il eût renoncé à la poésie pour se consacrer à la critique, « i^enre inférieur à son talent ». Genre inférieur^ non, car il a mis dans ses Lundis autant de poésie, sinon plus que dans ses vers, et je crois bien que c'est par ses Lundis et son Port'Royal qu'il a le plus de chance de durer, (pioique je ne sois pas de ceu-x (pii méprisent son Joseph Delorme et ses Consolations. Lamartine aimait beaucoup ce dernier recueil où son iniluence relig^ieuse se laisse voir sous le mysticisme amoureux qui en forme le fond. Et Sainte- Beuve, qui le prenait volontiers pour confident, en 1828 et 1829, avait pour lui, dans ces années heureuses, une
mieux son petit métier. Les oiseaux chantent cl les serpents sifllent, il ne faut pas leur en vouloir de mal... » (Lettre publiée par la Heuue de Paris, du i5 avril lyo^.)
(I) Celle épilre a paru dans les Harmonies.
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admiration qui rendait Victor Hng-o jaloux. C'est au point que lorsqu'il fut question d'envoyer Lamartine en Grèce, il lui demanda de le prendre avec lui comme secrétaire. La révolution de i83o, en mettant ce beau rêve en pièces, ne le détacha pas pour cela de Lamartine, au contraire. Comme il était libéral, il trouva tout naturel que, de royaliste qu'il était la veille, Lamartine devînt constitutionnel le lendemain. Cependant c'est la politique qui finit parles diviser, ou plutôt qui mil un certain froid entre eux. Encore ce froid vint-il uniquement du coté de Sainte-Beuve, après que Lamartine eut pris position à la Chambre des députés. Sa mauvaise humeur commença de se faire jour vers 1887 et s'accusa nettement dans le compterendu de la Chute d'un ange.
(( Avec quelle admiration, écrivait-il à Juste Olivier le 20 juin i838, ai-je lu un article du Semeur sur l'Anqe déchu ! Avec quelle édification ! Comme c'est la charité chrétienne dans la critique littéraire! et penser que probablement Lamartine ne prendra jamais la peine de lire sérieusement cela et qu'il dira néyi-ligemment peut-être en jetant la feuille : « lissent furieux contre moi ! » — sans leur en vouloir.
« Quelqu'un lui parlait quelques jours après la publication, ou essayait de lui parler de son poème : « J'ai lu votre dernier. — Ah! vous êtes plus avancé que moi, mon cher, car je ne l'ai pas lu encore ! »
C'est sur ce ton de persiflage qu'il parlera désormais de Lamartine.
Le i*^' janvier 1842, il écrivait à Juste Olivier : « Lamartine vient de faire des bêtises avec sa candidature, le détail de tout cela est affligeant pour llntelligence humaine. Se peut-il que le génie politique