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X AVANT-PROPOS

Doué de tous les dons souverains, — beauté, poésie, éloquence, courage, sens profond de l'avenir, et, au-dessus du génie, la bonté, ce génie du cœur, — Lamartine est un des plus nobles êtres qui aient paru sous le ciel de la France.

M. Alexandre Dumas fils a eu raison de dire : « Je ne le compare pas, je le sépare. »

Nous avons pensé qu'il y avait intérêt à remettre en pleine lumière, dans une étude d'ensemble, tous les aspects de cette grande figure trop longtemps négligée; et que, soit dans l'ordre littéraire, soit dans l'ordre politique, les générations actuelles pouvaient trouver profit à la contempler.

La poésie de Lamartine a été une réaction contre l'écolo descriptive de Delille et contre l'école sensualiste de Parny : or, les mêmes maladies littéraires sévissant aujourd'hui plus que jamai?, la poésie idéaliste est un antidote contre les vices de la littérature matérialiste, le triomphe de la sensation, l'abus du genre descriptif, l'idée et le sentiment sacrifiés aux jeux de la forme.

De même, la politique de Lamartine a été une constante lutte contre la politique terre à terre des intérêts matériels : or, le destin d'un peuple sans idéal est de s'enliser dans la médiocrité, dans

AVANT-PROPOS. J'i

l'égoïsme, dans la satisfaction des bas instincts et des plus hideux appétits. Nous devons entretenir dans la démocratie le culte des idées, et rien ne saurait y contribuer davantage que la glorification d'une telle mémoire.

Ainsi, soit en littérature, soit en politique, le génie de Lamartine est un cordial , une vertu ; son œuvre enseigne aux écrivains , aussi bien qu'aux hommes d'État, que l'idéal est le maître du monde.

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