Chateaubriand et son groupe, t. Il, p
aujourd'hui séparer le poète du tribun, et les deux rôles se nuisent... On a de la peine à combiner dans une même image la mélancolie de l'élégiaque et les ardeurs du tribun...^ » Et il ajoute: « La révolution de Février n'est pas encore définitivement jugée. Elle a eu pour suite tant de crises de notre existence nationale , elle nous a posé tant de questions, elle nous a jetés dans tant d'aventures, qu'il n'est pas encore avéré que ses auteurs aient bien mérité de leur pays. »
Sur la révolution de Février, sur les causes du mouvement, sur le rôle de Lamartine avant et pendant la crise, il y aura lieu de nous expliquer et de définir les responsabilités . Mais quoi ! parce qu'un homme , dans sa jeunesse , a aimé et chanté ses amours, il n'aurait pas le droit de servir son pays plus tard, et de l'aimer — autrement que d'amour platonique ? En 1820 , à trente ans , Lamartine disait et pouvait se contenter de dire :
Aimer, prier, chanter, voilà toute ma vie I
Dix ans après, dans son discours à l'Académie, il établit un parallèle entre la pensée et l'action. Puis, dans le Voyage en Orient"^, il pèse les rôles respectifs de l'orateur et du poète. « Le beau serait de réunir les deux destinées. »
En 1833, dans une lettre intime^ : « La poésie ne