Cours de Littérature, Entretien XXXVIII, p. !02. I
près de Virginie, qui deviendra Jocelyn près de Laurence ^
11 se plaît aussi aux mélancolies de Young, de Gray, de William Cowpcr, et à celles du nuageux Ossian, auquel tout le monde croyait alors et qu'on admirait à l'égal d'Homère*. Bonaparte lui-mrme aimait à le lire pendant sa campagne d'Egypte. Goethe en traduisait des parties. Chateaubriand en empruntait quelques procédés. « Atala et Chactas, dit M. Taine, sortent de la même fabrique que Malvina et FingaP. » Les peintres s'en inspiraient comme les poètes : Girodet, loin de l'œil sévère de son maître David, s'émancipait à en dessiner des esquisses ; le maître lui faisait dire par son moniteur, le sage Boulard, que « les peintres comme les artistes feraient bien, s'ils ne voulaient s'égarer, de renvoyer le barde de Morven dans les brouillards d'où il était à peine soili. » Mais ces brouillards n'étaient pas pour déplaire à Lamartine adolescent. Il écrivait à son ami ;
La harpe de Jlorven de mon âme est l'emljlème!
1. « Le génie piUoresque du prosateur a passé tout entier ^n ceUe muse. » — Sainte-Beuve, Portraits contempoiriins, t. I, p. 283.
2. Dans Jocehjn encore, Lamartine paraît croire à la réalité <rÛ!5sian. Dans les Confidences, il le met sur la même lij,nie que le Uanle et au-dessus d'Homère. C'est seulement duns les E'ilreliens du Cours familier de Litléralure qu'il paraît avoir été informé de la supercherie de Macphcrson. Encore ne renoncc-l-il pas même alors à la réalité d'Ossian.