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CHAPITRE II

ADOLESCENCE. — VELLÉITÉS LITTÉRAIRES. PREMIÈRES AMOURS. — VOYAGE EN ITALIE.

Au sortir du collège, le jeune homme revient vivre à, la campagne, à Milly, avec son père, sa mère et ses sœurs; doucement couvé par ces tendres influences. Sans faire choix d'une carrière, il vit là d'une vie oisive, lisant au hasard, se promenant, rêvant ; puis, quand son imagination s'éveille, s'en allant seul au haut du Craz écouter sous les chênes la voix de la Muse, comme THippolyte d'Euripide entend dans la forêt sa déesse sans la voir. Mais lui, « le grand diable de Bourgogne », il n'est pas, comme le chaste amant d'Artémis, l'ennemi des simples mortelles; loin de là ! il remplit de ses escapades amoureuses les pentes du Vergisson et du Solutré. Qu'on y applaudisse ou qu'on le regrette, il était, comme le roi Henri, un vert galant. Le peu qui restait des

belles de ce Icmps-lh, dans les vallées du Maçonnais « en savaient bien que dire » naguère encore.

Sous prétexte de faire son droit et d'apprendre l'anglais, il passe les mois d'hiver à Màcon. Là il a pour distractions le théâtre, bon ou mauvais, et les hasards de rencontres galantes qui rompent la monotonie de la vie provinciale : « Je dois, ccrit-il à Guichard, trouver ce soir au théâtre une femme assez jolie et très coquine, avec laquelle j'ai ri toute la soirée hier dans une petite loge : honni soit qui mal y pense ! mais je m'amuse seulement à l'embrasser, à la chatouiller et à bavarder, sans aller plus loin. J'en espère faire autant tout à l'heure; et puis, revenir tristement coucher tout seul. Timeo Danaos. . .^ »

Il passe â Lyon quatre ou cinq mois, de janvier à mai 1810, loin de sa famille. La mère, tout en reconnaissant l'utilité « de le dépayser un peu et de l'habituer au monde » , n'est pas sans inquiétude de cette trop grande liberté.

C'est bien pour lui à présent que j'ai besoin des secours de Dieu ! Ses passions commencent à se développer : je crains que sa jeunesse et sa vie ne soient bien orageuses. Il est agité, mtlancolique, il ne sait ce qu'il désire. Ah ! s'il pouvait connaître le seul bien capable de le contenter ! On nous blâme de le laisser aller passer l'hiver à Lyon, sur sa bonne fdî, et on ne connaît pas mes raisons. Il faut laisser dire le public et faire ce qu'on croit le mieux. Il paraît bien altéré de connaissances, bien enclin à l'étude : nous espérons qu'avec plus de ressources dans

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