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Du 19 août

LAMARTINE. 3t

une grande ville, il pourra mieux s'occuper et échapper aux dangers de l'oisiveté, que dans une petite ville où il n'y a d'occasions que pour le mal. D'ailleurs, nous sommes bien aises qu'on ne le voie pas trop ici, parce qu'il est d'une taille remarquable et qu'il pourrait tenter les agents de l'Empereur pour nous contraindre à le faire entrer dans l'armijc et nous refuser le remplaçant que nous lui achetons.

Mais les « occasions pour le mal » ne se trouvent pas moins dans une grande ville que dans une petite. Il ne s'ennuie pas à Lyon , avec deux charmants voisinages et deux appartements commodes, abonnements aux deux spectacles . Mais l'argent va vile. Lorsqu'on est à sec, on doit retourner à Mâcon, on redevient sage. Avide de tout connaître, de développer ses facultés, il médite, en prose comme en vers , et dit à son ami :

« Qu'avons-nous donc tous deux dans l'âme, que rien ne saurait assouvir? Est-ce un besoin d'aimer? Non 1 j'ai été amoureux comme un fou, et ce cri de ma conscience ne s'est pas tu; j'ai toujours vu quelque chose avant et au-dessus de toutes les puissances d'une passion même vraie et pure. Est-ce l'ambition? Pas tout à fait... » J'ai soif de tout connaître, peut-être de tout peindre. La conscience nous crie : « Travaillez , pour donner les intérêts de ce que vous avez reçu ; travaillez, pour vous rendre utiles si vous le pouvez ^.. »

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