‹ LamartineChapitre 3 sur 113 · AVANT-PROPOS. III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. III

rait ainsi de combiner l'analyse et la synthèse; et dès lors la vérité, pour n'être pas moins idéale, apparaîtrait sans doute un peu difîérente.

L'écueil de la critique généralisatrice est, en écartant l'analyse, en rejetant le détail, en supprimant les transitions , de diminuer la variété, la nuance. En se défiant trop de la réalité, on risque d'altérer la vérité elle-même , et de produire peu à peu un idéal factice. En voulant « créer de la vie » d'un côté, il faut prendre garde d'en détruire de l'autre.

Où commence , où finit le sacrifice lép,itime du réel? Vous raillez le zèle des secrétaires indiscrets , les enquêtes documentaires et les dossiers pesai ts des biographes « bien renseignés » ; — votre dédain pourtant ne va pas jusqu'à n'en point cueillir les traits les plus caractéristiques (pour dire, il est vrai, que vous les repoussez) , ce qui vous permet de montrer successivement à vos lecteurs les deux aspects de l'homme, tout en continuant à ne retenir pour vous-même que celui qui vous plaît le mieux , et de concilier ainsi le plaisir de vos préférences personnelles avec les devoirs de l'impartialité. Vous considérez , en un tel sujet, la froide exactitude des dates et des faits comme chose tout à fait secon-

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