‹ LamartineChapitre 32 sur 113 · Le Manuscrit de ma Mère · texte numérisé non relu

Le Manuscrit de ma Mère

î)0 LAMARTINE.

CoLlin, ceux de Uichardson et ceux de Pigault- Lebrun. Il trouve ceux-ci « drôles, malgré leur ton canaille et leurs plats lieux-communs ». Il y découvre « des chapitres de génie ». Quant à Clarisse Harlowe, il avait essayé plusieurs fois de la lire ; l'ennui l'arrêtait toujours au premier volume; « enfin je l'ai vaincu, et j'en ai été bien récompensé par les sept ou huit derniers. Cette lecture a redoublé mes bonnes dispositions à la vertu... Je lis aussi des sonnets de Pétrarque, que je n'entendais guère en Italie, et que je trouvais mauvais. Je les entends maintenant comme du français, je ne sais pourquoi ; et j'y trouve des choses ravissantes. Il y a temps pour tout, et telle ou telle disposition de l'âme ou <ie l'esprit nous donne de la répugnance ou du goût pour un homme ou pour un livre ».

Il « ne sait pourquoi », l'ingénu!... C'est que l'Italie elle-même, par les yeux et les lèvres de Graziella, lui a donné des clartés sur Pétrarque, et sur bien d'autres choses ! c'est que l'Italie a parlé à sa fibre de race latine , ausonienne I c'est que l'Italie lui a ouvert les yeux , l'esprit, le cœur, et les sentiers des Muses! c'est que Tltalie, sous toutes les formes et par son ciel mémo, lui a révélé la beauté ! c'est qu'elle lui a donné deux sens nouveaux, qui n'en sont qu'un : l'amour et la poésie I

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