Beauvais
2. Cela veut-il dire : Mes amis viendront sous tes branches pleurer avec toi? — Ou bien : Tu me cacheras aussi sous tes rameaux, moi son ami mort de douleur?
3. Il était de son temps, et, outre les romances, il goûtait aussi les chansons. Jusque dans sa vieillesse il avait la mémoire encore pleine de vers de ce temps-là, vers bouffons et galants, de toutes les mesures et de toutes les écoles. Un jour il se mit à en réciter un nombre infini de toutes sortes aux amis qu'il avait chez lui. Quand il fut las : « Voilà, dit-il à M. de Chamborant, mon répertoire de jeune homme et de garde-du-corps... » — De Chamborant de Pèrissat, Lamartine inconnu, p. 34. Paris, Pion, 1891.
même temps celles d'AIfieri ^ Il commence en 1812 un Saiil d'après celui-ci; en 1813 une Médée et une Zoraïde (on a retrouvé deux actes de Zoraïde, et les cinq de Médée-), plus tard une Brunehaut, puis un Mérovée; enfin, en 1818, César ou Ja Veille de Pharsale. « J'y expliquerai mes opinions politiques, » écrit-il à Virieu. — Et quelles sont à cette date ses opinions? C'est que « le seul moyen de gouvernement est la force. » A ce moment, le jeune royaliste suit les têtes du parti ultra, Donald, De Maistre, Chateaubriand, à qui les a libéraux » sont en horreur ; lui aussi les exècre autant que les Jacobins ; il les considère, les uns et les autres, comme des « scélérats » , dont il faut détruire par tous les moyens les derniers restes. Le poète ingénu se propose de donner à César « un caractère moitié dieu, moitié Henri IV ». Ce César comme on en voit peu « écrasera les singes de liberté et montrera aux hommes que, quand ils sont pourris dans les vices de l'égoïsmc, un tyran est un bienfait pour eux ^ »... « Je n'ai jamais cru, en fait de gouvernement, qu'à une seule chose, qui est la force. Ce ne sont pas les ■ belles phrases, ultra ou libérales, qui peuvent la créer, c'est la vigueur de volonté, écrasant à la fois les
1. «C'est un homme que j'aime presque autant que Rousseau, et qui était à coup sur plus réellement homme de génie et poète. Tu l'as lu, toi-même (Virieu), et tu dois l'adorer aussi. ■» 3 janvier 1811 .