A Virieu, 6 février
LAMARTINE. bJ
poète, m'a donné le courage d'esprit nécessaire pour braver les revers et les sifflets littéraires avec un cœur d'airain; et, si je les craignais, je ressemblerais à un général qui voudrait gagner des batailles sans entendre le bruit des canons ennemis et sans vouloir être blessé, ou tué môme, au besoin. »
Il rêve de faire représenter sa tragédie au Théâtre- Français. Ah I si Talma daignait se charger du rôle de. Saul !... Il demande et obtient du grand artiste une audience : Talma trouve la pièce superbe, mais... injouable.
Six mois après, le poète obtient de la lire chez le duc d'Orléans, avec lequel sa mère avait été élevée, on l'a vu, au Palais-Royal et à Saiut-Cloud. La lecture est bien accueillie : les beaux vers ne manquent pas. Mais quoi? la faculté des vers est une chose, la faculté dramaturgique en est une autre : le théâtre, c'est la concentration; le génie de Lamartine, lyrique ou épique, c'est tout le contraire.
ft Je fais bien les vers d'une scène, et moins bien toute la scène ; je fais passablement quelques scènes, et horriblement mal tout l'ensemble de l'ouvraige. Quelle est la Muse qui préside à l'ensemble, que je l'invoque*?... » Vers la fin de sa vie, reconnaissant ce qui lui manque sous ce rapport, il dira : « La poésie n'est pour moi que du chaut ou du