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Confidences

gratitude le souvenir de ce doux et puissant patronage :

Madame de Sainte-Aulaire, dans toute la fïeur de sa beauté et déjà dans toute la maturité de son esprit, réunissait dans son salon tous les hommes, jeunes alors, qui se sont fait des noms depuis dans les lettres, dans les arts, à la tribune, dans les affaires publiques. Inconnu et réservé, j'y voyais, sans y être aperçu, M. Decazes, M. Guizot, M. Villemain, M. de Lafayette, M. le ducdeBroglie, les ministres, les orateurs, les professeurs, les écrivains, les poètes du moment. J'y étais déplacé par ma jeunesse et par mon obscurité ; mais la bonté de madame de Sainte-Aulaire m'illustrait d'espérance. Son indulgence m'encourageait à tenter aussi la célébrité. Elle me fit réciter deux ou trois fois quelques vers devant ces juges. Mon nom est éclos dans ce salon. Je ne passe jamais devant ce bel hôtel à grande cour de la rue de l'Université sans me souvenir de l'effort que j'avais à faire sur moi-même pour vaincre ma timidité de jeune homme en la traversant, et sans envoyer mentalement un respect et une reconnaissance à la femme distinguée qui m'y accueillait '.

Deux autres salons le patronnèrent aussi : celui de la duchesse de Broglie et celui de madame de Moiitcalm, sœur du duc de Richelieu. Dans ce dernier salon, il rencontrait le duc Pasquier, M. IVIolé. Dans tous , les personnages les plus importants le « corn blèrent de prévenances et d'accueil ». i\I. de Cha-

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