VI AVANT-PROPOS
celui-ci que nous aimons, c'est celui-ci qui nous attache, qui nous recrée, qui nous émeut.
Et si, relisant ces vers des premières Méditations dont M. Anatole France a dit qu'ils sont « sans art » et M. Jules Lemaître qu' « on ne sait pas comment ils sont faits », — et l'on sent bien ce qu'entendent par là. ces deux rares esprits, — nous faisons voir que cette poésie, loin d'avoir jailli soudainement comme le poète se plaisait à le faire croire aux autres et à lui-même, s'est au contraire longtemps cherchée dans l'ombre en cent voies diverses avant de briller au soleil ; si nous montrons par où celte poésie si neuve tenait cependant à ce qui l'avait précédée ; si nous retrouvons les traces de ces longs tâtonnements dans les essais obscurs de la jeunesse et jusque dans les premiers crayons, dans les premières ébauches des chefs-d'œuvre ; si nous apprenons enfin « comment ces vers sont faits », — et cela , même en jetant les yeux sur les versions originales et les variantes , — le charme en sera-t-il moins vif, l'harmonie moins pénétrante, l'idéal moins pur ?
Si, étudiant ses écrits en prose, nous n'.-icceptons qu'avec réserves l'admiration sans limites de certains maîtres contemporains, et si nous croyons devoir