‹ LamartineChapitre 7 sur 113 · AVANT-PROPOS. VU · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VU

distinguer entre la langue naturelle et prime-sautière des lettres intimes, l'opulence des discours, et le style plus mêlé et inégal des ouvrages destinés au public ; si , d'un autre côté , nous constatons que ce génie essentiellement subjectif, — partant lyrique, — réussit moins par cela même dans les genres qui exigent des qualités objectives : histoire, épopée, théâtre, critique, nous reprochera-t-on ces distinctions, sans lesquelles il est impossible de bien connaître et sentir l'écrivain ?

De même , si nous observons que l'orateur, au lieu de s'emparer de la tribune et des assemblées comme par un coup de génie, a dû faire, là aussi, un assez long apprentissage, récitant ses premiers discours devant une Chambre indifférente; puis s'essayant à l'improvisation, et enfin lui donnant une part de plus en plus large; s'assouplissant, par un labeur opiniâtre, aux luttes quotidiennes et aux discussions d'affaires ; parvenant peu à peu à la maîtrise en éloquence comme il avait fait en poésie, en quoi son prestige et son autorité oratoires en seront-ils diminués ?

Enfin, si, jugeant sa vie politique, nous n'acceptons ni la rigueur de ceux qui y voient seulement la périlleuse aventure d'une âme vaine et flottante,

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