Le 18 janvier IS
et demande l'appui de madame de Sainte-Aulaire, après celui de madame de Raigecourt. Mais ''affaire ne va pas plus vite.
« J'ai reçu enfin deux mots de madame de Sainte- Aulaire. Us ne me promettent pas grand'chose : et ce serait s'appuyer sur un roseau que de compter sur le succès très douteux de quelques vers pour son avancement dans le monde en ce temps-ci. Je crois plutôt que ce serait un titre à une exclusion complète de toute carrière active et utile. »
Son ami le comte de Saint-Mauris, qui est poète aussi, lui conseille de faire imprimer tout de même. Lamartine lui répond (26 avril 1819) : « Je serais de votre avis si j'avais la certitude funeste que je ne serai pas placé. Mais, tant qu'il me restera une lueur d'espoir, je balancerai à me mettre au jour uniquement comme poète. C'est un titre défavorable auprès des hommes qui possèdent ce monde matériel, que de s'occuper de notre monde idéal , et ils me rejetteraient à jamais s'ils savaient que j'aie fait un vers sérieusement. Si je suis une fois secrétaire d'ambassade et dans une position plus indépendante, je me lancerai alors sans timidité dans celte carrière où je me sens poussé. »
Admis provisoirement aux Affaires étrangères, il tâche de montrer du zèle pour l'étude des protocoles. a Je te préviens qu'il faut faire semblant de pâlir sur les traités diplomatiques. Ils m'en ont donné je ne sais combien !... Je n'y pâlirai pas avant d'y être
à coup sûr^ » — Il voudrait un poste au Midi : le Aord le tuerait.
Contrairement à ses appréhensions, le succès éclatant de ses vers lui vaut plusieurs bonnes aventures. Son sort, jusque-là noué, se dénoue : les Méditations ont paru au mois de mars ; au commencement d'avril, il obtient le titre d'attaché a la légation de IVaples ; il se marie le 6 juin. La réunion de ces trois événements dans l'année 1820 en fait la première date fatidique de sa vie.
Depuis longtemps, las de son existence aventureuse et dissipée, le jeune homme avait formé des projets d'établissement. En 1818, il écrivait à Virieu : « Qu'est-ce que tu me conseilles, voyons? où faut-il aller? que faut-il tenter? quelle voie prendre? Si ton ami Saint-Lambert n'était pas parti, je partirais avec lui ; je ferais un commerce avec lui en Amérique ; je prendrais une bonne petite fille pour femme, je ferais ma fortune et je vivrais du moins en la faisant. »
La même année, il couit doux lièvres à la fois: « Je suis déterminé, aussitôt que j'aurai été refusé par mademoiselle D***, à partir pour Paris et à y passer une quinzaine à voir un peu s'il n'y aurait pas moyen de me marier tout seul avec