Correspondance, t. 1" p
2. Le roi le nomme chevalier de la Légion d'honneur, Moniieur du 29 avril 1825 (en même temps que Victor Hugo). — <^uoi qu'en dise Victor Hugo dans ses Mémoires, Lamar.ine n'assista point au Sacre, le 29 mai . A la fin de mai, la Correspondance nous le montre à Lyon, partant pour les eaux <l'Aix.
3. On sait que Voltaire, pour faiie sa cour à Louis XV, mais inutilement, écrivit sur cette bataille un poème des plus faibles.
trente mille exemplaires. « Mon libraire me mande qu'il en a vendu cinq mille dans une journée. Ils gagneront cinquante mille francs avec ce rogaton, dont j'ai eu cent louis, — et la honte 1 »
Ce qui peut-être ne nuisit pas à la vogue, ce fut un incident, regrettable d'ailleurs, que révèlent la Coji'espotidance de Lamartine et le Journal de sa mère. Dans l'énumération des princes de la famille royale présents au sacre, le poète avait omis d'abord le nom du duc d'Orléans. Pressé par sa mère, qui n'oubliait pas leurs obligations à cette maison, il le rétablit ; mais comment? En mettant dans la bouche du roi les vers suivants :
D'Orléans!
Ce grand nom est couvert du pardon de mon frère; Le fils a racheté les crimes de son père; Et, comme les rejets d'un arbre encor fécond, Sept rameaux ont caché les blessures du tronc.
Le duc d'Orléans se plaignit au roi « des insultes » que le poète lui adressait en la personne de son père (c'est Lamartine lui-même qui l'écrit à Virieu); le roi ordonna la suppression du passage. « Les libraires, comme des coquins, l'ont refusée. J'ai été instruit trop tard et je me suis empressé d'écrire, d'arrêter, de changer, de tout faire pour contenter le roi. Le roi m'a fait écrire de Reimo son mécontentement par M. Doudeauville. J'ai répondu de mon mieux. Les journaux libéraux ont écrit. J'ai répondu
pour disculper seulement le roi, que ces coquins avaient l'air d'accuser de mon fait, très isolé... * »
Le roi ne lui tint pas rigueur et le nomma deuxième secrétaire d'ambassade à la légation de Toscane. Avant de partir, Lamartine reçut à Saint- Point Charles Nodier et Victor Hugo qui venaient de se rencontrer à Reims aux fêtes du Sacre et se rendaient à Chamonix, avec leurs femmes. « Victor Hugo, Nodier et moi, nous passâmes le temps à errer dans les montagnes. Mes deux hôtes laissèrent à Saint-Point un parfum de poésie et d'amitié. »
Il arrive à Florence au commencement d'octobre. Le ministre de France en Toscane était le marquis de La Maisonfort, ancien émigré, homme un peu léger, épicurien aimable, « ne cherchant qu'à plaire et à être amusé ». Le marquis, ayant laissé sa femme en France et vivant en Ifalic avec sa maîtresse, (' l'imposait à la cour et à la ville. Ces amitiés, innocentées par l'âge et consacrées par l'habitude, n'offensent nullement les sociétés italiennes. Les ménages d'an certain âge sont presque tous doubles en Italie. La chevalerie y a revêtu les formes de la galanterie surannée. » M. de La Maisonfort écrivait bien , en prose et en vers. « Mais on l'employait peu, parce que les chancelleries, qui aiment la pesanteur et qui croient que l'ennui est une condition du respect, se défiaient de sa grâce et de son naturel comme