‹ LamartineChapitre 70 sur 113 · Correspondance, t. III, p · texte numérisé non relu

Correspondance, t. III, p

d'un défaut'. » Poète lui-même à ses heures, il accueille avec bienveillance le jeune secrétaire. Celui-ci, en reconnaissance, lui dédie une pièce intitulée Philosophie, qu'il ajoute aux premières Méditations. C'est la douce philosophie d'Horace, celle que le marquis avait pratiquée pendant son exil et pratiquait encore, la philosophie de la vie voluptueuse et poétique. Le deuxième secrétaire rehausse sans marchander le ministre-poète, son patron, et se met modestement au-dessous de lui :

Aussi, pendant qu'admis dans les conseils des rois, Représentant d'un maître, honoré par son choix, Tu tiens un des grands fils de la trame du monde, Moi, parmi les pasteurs, assis au bord de l'onde, Je suis d'un œil rêveur les barques sur les eaux, J'écoute les soupirs du vent dans les roseaux ; Nonchalamment couché près du lit des fontaines, Je suis l'ombre qui tourne autour du tronc des chênes,

et je me déplace avec elle pour me soustraire aux trop ardents rayons du jour... Les trois premiers vers semblent de quelque épître de Boileau à M. de Guilleragues ; les cinq autres, de La Fontaine; le reste sent encore l'alexandrin de Voltaire; tout cela fondu ensemble dans une molle et douce harmonie.

Florence était pour Lamartine le séjour longtemps souhaité. A Naples, la nature seule est enchanteresse; à Florence, avec la nature, on a les arts, les monuments, les souvenirs; « c'est l'Athènes du

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