‹ LamartineChapitre 8 sur 113 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

d'une ambition déréglée , d'une imagination livrée à tous les souffles, ni l'apologie systématique de ceux qui ont essayé d'établir après coup, d'un bout à l'autre de sa carrière, une absolue et quelque peu artificielle unité ; si le « voyant » , le vates , qui , au lendemain de réchauffouré3 de Strasbourg et à la veille du retour des restes mortels de Napoléon , avait lancé dans le plus lointain avenir les éclairs de son génie divinateur; si, dis-je, le même homme, après son triomphe de Février, pris, en quelque sorte, par le vertige de la chute qui commençait , parut perdre sa clairvoyance avec sa popularité, au point de fournir au prétendant ses armes les plus redoutables : l'unité de Chambre et l'élection du Président par le suffrage universel ; et si, plus tard encore,

— tout à la fin de sa vie, il est vrai, — le vieillard qui avait montré dans l'unUé italienne le germe de l'unité allemande , se trompa sur l'expédition du Mexique, — le devoir de l'historien est-il de taire ces défaillances, — illusions d'une âme trop confiante, mirages d'une imagination trop vaste,

— ou bien le seul hommage vraiment digne de cette grande mémoire n'est-il pas l'impartiale justice?

Dacon a dit ; « 11 faut se garder d'ôtcr les dé-

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