‹ LamartineChapitre 85 sur 113 · Voir ci-dessus, chap. IV, p · texte numérisé non relu

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Sans doute, il a été légitimiste ; il est maintenant constitutionnel ; il deviendra un jour républicain ; il pourrait presque dire, comme Ctiateaubriand à la même époque : « Je suis Bourbonien par honneur, royaliste par raison et par conviction, républicain par goût et par caractère » ; mais le fond de sa politique, en somme, est toujours l'idée chrétienne. C'est par là que la ligne de sa vie est une et se tient. Homme de transition entre deux âges, comme Chateaubriand, comme Victor Hugo, il évolue de l'ancien régime au nouveau , de la monarchie à la démocratie, d'un pôle à l'autre ; mais il remplit Tentrc-deux.

Voilà par quel vaste programme, traversé d'éclairs prophétiques, il entre résolument dans l'ère nouvelle. Toute sa vie politique, toute sa carrière parlementaire et oratoire, est contenue en germe dans la Polilique rationnelle. Ce grand esprit, qui à cause de son étendue fait parfois l'effet d'être vague, est donc, dans le fond, bien plus logique qu'on ne croirait. Mais ses vues sont à longue portée, et ses forces, comme celles de la Nature, à longue échéance. Les gens qui marchent à pas de fourmi ou qui n'ont que des yeux de taupe se rendent difliciiement compte de ses élans et de ses doubles vues.

Au mois de mai, il pose sa candidature à la députation de deux côtés à la fois, dans le Var, à Toulon, et dans le Nord, à Bergues (où une de ses sœurs s'est mariée à M. de Coppens). Il échoue des deux côtés *, croit bon alors de disparaître pendant quelque temps et de faire un voyage en Orient, qu'il projetait depuis 1826.

Les esprits satiriques, qui avaient encore dans l'oreille ses Harmonies religieuses et son Chant du Sacre, lui demandent alors s'il va q-uêter des voix à Jérusalem ou à Jéricho. L'un d'eux, poète ou plutôt versificateur, abondant en sarcasmes, l'auteur de N>'mésis, satire hebdomadaire en vers, lui lance quelques flèches barbelées, enduites d'un venin vipérin :

D'en haut tu fais tomber sur nous, petits atomes,

Tes Gloria patri délayés en deux tomes,

Tes Psaumes de David imprimés sur vélin...

Que tu en sois récompensé un jour au Ciel, c'est possible.

Mais qu'aujourd'hui, pour prix de tes hymnes dévotes,

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