A Bergues avec 181 voix contre 18S
Aux hommes de Juillet tu demandes leurs votes, C'en est trop ! l'Esprit-Saint égare ta fierté. . .
Va, les temps sont passés des subliuies extases, Des harpes de Sien, des saintes paraphrases; Aujourd'hui tous ces chants expirent sans écho ! Va donc, selon tes vœux, gémir en Palestine, Et présenter sans peur le nom de Lamartine Aux électeurs de Jéricho I
Comme pour dire : Va, porteur d'arche sainte et joueur de trompettes sacrées qui font tomber les murailles ! va , voilà une ville que tu pourras prendre, avec l'aide du Saint-Esprit, plus aisément ciue Bergues et que Toulon !
Lamartine répondit, non sans dédain, avec habileté et noblesse, commençant par dire que sa Muse, à lui, n'était pas coiffée de serpents ; qu'elle n'injuriait point la gloire ; qu'il ne la prostituait pas aux passions populaires :
Non, non : je l'ai conduite au fond des solitudes, Comme un amant jaloux d'une chaste beauté; J'ai gardé ses beaux pieds des atteintes trop rudes Dont la terre eût blessé leur tendre nudité • !
J'ai couronné son front d'étoiles immortelles, J'ai parfumé mon cœur pour lui faire un séjour. Et je n'ai rien laissé s'abriter sous ses ailes Que la pi"ière et que l'amour !