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Idem, préface

aussi est artiste, mais plus sinccremcnt inspiré : l'Orient le touche, Balbek le remue, le tombeau du Christ ébranle son âme.

En présence du Saint-Sépulcre, une grande émotion s'empare de lui. Quoiqu'cn maint passage de son livre il embrasse toutes les religions dans une sorte de vague synthèse, ayant bien la mine d'aboutir à l'indiiTérence, ici les souvenirs de son enfance chrétienne lui remontent au cœur, les larmes jaillissent de ses yeux, il prie, — pour tous les ctrcs qu'il a aimés ; puis pour lui-même. « Ma prière fut ardente et forte ; je demandai de la vérité et du courage devant le tombeau de Celui qui jeta le plus de véiité dans ce monde et mourut avec le plus de dévouement à cette vérité dont Dieu l'avait fait le Verbe... Une grande lumière de raison et de conviction rayonna dans mon intelligence et sépara plus clairement le jour des ténèbres, les erreurs des vérités. Ce fut un mystère de ma vie que l'avenir expliquera. »

Histoire, philosophie, religion, poésie, drame, prophétie, il y aura de tout cela dans le beau livre qui va naître de ce voyage. L'éblouissement de l'enfant épelant la Bible se continue dans l'homme qui en parcourt le théâtre. La vision se communique au lecteur. C'est une féerie , un conte des Mille et une Nuits et des Mille et un Jours. C'est un poème en prose, comme Jocelyn sera un roman en vers.

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Au mois de juillet 1832, il frète un navire à Marseille, pour lui, sa femme, sa fille et deux amis, dont l'un médecin. 11 adresse une ode aux Marseillais , peut-être avec le vague espoir de trouver chez eux, au retour, le nombre suffisant d'électeurs qu'ailleurs il n'a pas trouvé. En changeant d'horizon il veut se renouveler d'idées et donner du temps au Destin ; puis reparaître avec quelque prestige, venant de loin et du désert ; ce sera son expédition d'Egypte.

Le voyage dura seize mois, avec une somptuosité princière : un brick pour aller, deux pour revenir ; « une caravane d'ànes, de mulets, de chameaux, de chevaux arabes* », et toute une suite; visite à tous les grands personnages du pays, échanges de cadeaux...

2. Note post-scriptum du 1" décembre 1849. — Le 20 septembre 1832, au moment où il organise sa caravane pour l'intérieur de la Syrie et de la Palestine, il dit : « J'ai acheté quatorze chevaux arabes, les uns du Liban, les autres d'Alep et du désert ; j'ai fait faire les selles et les brides à la mode du pa}'.>, riches et ornées de franges de soie et de fils d'or et d'argent. Le respect qu'on obtient des Arabes est en raison du luxe qu'on étale ; il faut les éblouir pour frapper leur imagination. »

Deux ans après , il en publia le récit , en quatre volumes in-octavo, 1835, avec ce titre un peu long , à la mode d'autrefois ;

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