‹ Lamartine inconnuChapitre 37 sur 50 · M. Emile Ollivier, ancien ministre de Napoléon III · texte numérisé non relu

M. Emile Ollivier, ancien ministre de Napoléon III

10. M. Charles Rolland, ancien maire de Màcon, ami particulier;

11. M.de Ronchaud, homme de lettres, mort directeur des musées du Louvre;

12. M. Victor Salneuve, frère du sénateur républicain de l'Allier décédé en 1889.

Deux des membres ci-dessus ont exercé une influence particulière sur l'action de la Société :

M. de Ronchaud, délégué par le Conseil pour seconder le gérant dans la revision des textes et leur interprétation conformément à la pensée de Lamartine qu'il connaissait admirablement, et le président, M. de Girardin, dont l'incontestable capacité fut très profitable.

M. de Girardin n'était pas seulement le président réélu chaque année, il donnait l'hospitalité à la Société, dont les assemblées se tenaient dans son bel hôtel de la rue Pauquet. Ce fut lui qui m'accueillit, lorsque j'arrivai en 1875, amené par Madame Valentine de Lamartine. Conformément au désir exprimé par mon père et chaudement appuyé par Madame de Lamartine , le Conseil de surveillance , à l'unanimité, décida sur la proposition de Girardin de me présenter à l'assemblée générale pour remplacer mon père, démissionnaire en ma faveur.

Une heure après, l'assemblée en question ratifiait, à l'unanimité, la proposition du Conseil.

Du reste, ce n'était pas la première fois que je voyais Girardin. Etant avec mon père, je l'avais rencontré naguère aux Champs-Elysées, un jour de sortie, quand je me préparais à l'Ecole militaire.

« Je vous présente mon fils, lui dit mon père. — A quelle carrière le destinez-vous? fit Girardin. — A Saint-

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Cyi'» , répondit mon père. Mais voyaut que son interlocuteur ne répliquait que par un sourire peu approbatif, il ajouta : « On pourrait peut-être faire mieux. — Sans doute, reprit Girardin en achevant sa grimace caractéristique, car il est impossible de faire plus mal. » Cela fut dit si drôlement, la scène fut si rapide et si naturelle que nous nous mimes à éclater de rire tous les trois et que je ne l'oublierai jamais.

L'ennemi du métier militaire ne m'avait pas gardé rancune d'avoir été officier. Quand Madame Valentine me représenta à lui, il fut très gracieux, et il ajouta même, comme un homme qui est au courant de tout et sans aucune réflexion critique : « C'est vous l'auteur d'un livre récent sur la garde nationale intitulé : L'Armée de la Révolution ? » Je m'inclinai. — « Je vous ai rencontré avec monsieur votre père, ajouta-t-il, n'est-ce pas? » Je m'inclinai encore, et j'allais lui rappeler sa boutade humoristique lorsque la conversation fut interrompue par un arrivant quelconque . Je ne me suis jamais aperçu depuis qu'il m'ait gardé ran cune ni de ma moustache à la housarde, ni de mon réquisitoire profondément convaincu contre la garde nationale. Puisqu'il n'existe plus, je puis rendre au contraire un hommage complet à son urbanité, à sa correction vis-à-vis de tous et à la manière claire, précise, élevée dont il présidait nos réunions.

Sans sortir de ma réserve envers les vivants , je crois devoirdirequeM.É.011ivier,son successeur à la présidence de la Société depuis 1882, continue heureusement sa tradition.

La mort a frappé souvent dans les rangs du Conseil.

En 187G, M. Didot, décédé, est remplacé par M. Hubert Saladin, colonel fédéral suisse, homme fort distingué, lancé dans la haute société parisienne et qui était un ami assidu de Lamartine.

En 1877, c'est M. Charles Rolland qui meurt, et auquel succède pour peu de temps M. Martin Doisy, l'un des fondateurs de la Société et l'ancien secrétaire de ses premières assemblées générales.

En effet, l'assemblée du 19 mai 1879 doit pourvoir à son remplacement après décès et désigne M. le comte d'Esgrigny, cet ami auquel Lamartine écrivit sa lettre-préface des Harmonies ; elle nomme également à la place de M. Dupont Whit, mort, M. Alfred Firmin-Didot, le continuateur autorisé des traditions de sa famille près de la gloire de Lamartine.

En 1882, i\L\I. Hubert Saladin et de Girardin, décédés, sont remplacés par \I. de La Sicotière, l'éminent sénateur de l'Orne, et par M. Debard, d'une compétence particulière en affaires et très attaché de cœur à celles de Lamartine.

La mort ne se lasse jamais : le 16 mai 1885, M. François Coppée est le digne successeur de Laprade comme poète et comme académicien.

Le 27 mai 1889, c'est M. Bardoux, sénateur, ancien ministre, qui remplace M. de Ronchaud, dont la mort vient de faire un vide particulier dans la Société.

Enfin, l'assemblée du 2 juin 1890 ayant à remplacer M. le comte d'Esgrigny, décédé, nomme à sa place M. le vicomte de La Bourdonnaye, son gendre, député, et à la place de AI. Couturier, également décédé, M. Elouis, ancien

administrateur du Siècle, très compétent et très attaché à la Société depuis son origine.

De telle sorte que le Conseil est, à l'heure qu'il est, composé de

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