‹ Lamartine, orateurChapitre 11 sur 108 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES ANNÉES DE FORMATION

MONARCHISTB BT RBLIGIBU8B DB LAMARTINB || son GOUT PRécOCB POUR LA POLITIQUB t| 8BS TBNDANCE8 C098BRVATR1CB8 NB FONT PAS OB8TAGLB A SON DBTAGHBMENT, DB PLUS BN PLUS MARQUÉ» DB l'aNGIBN RBGIMB || DIPLOMATB, LAMARTINB DBMIB8IONNB NOBLBMBNT APRÈS LA RÉVOLUTION DB 1S80 II DOUBLB CANDIDATURB- BT DOUBLB BCHBC A LA

DBPUTATION.

LAMARTINE a écrit : « Les opinions politiques sont dans le sang; tel père» tel fils ». Il y a beaucoup à dire contre cet aphorisme, malgré la forme d*axiome qu'il revêt. L'hérédité n*a ni des lois aussi absolues ni des conséquences aussi rigoureuses; comment pourraitrelle transmettre ce qui souvent échappe à Tinfluence de l'éducation elle-même? Lamartine ajoute : « Jamais ce mot ne fut plus généralement vrai que dans les temps de vicissitudes, soit religieuses, soit nationales, soit dynastiques ». L'affirmation prend ici un air de paradoxe : les faits la condamnent. Les révolutions, avec les idées nouvelles qu'elles apportent, créent des conflits

Digiti

LÂ^iÀRTiîsiÈ Orateur politique

d'opinions auxquels les familles n^échappentpas. Ces conflits vont parfois jusqu'au déchirement. Entraînés par le courant, poussés vers Tavenir, les fils répudient un passé avec lequel ils ne se sentent plus aucun lien de conscience ou d'intérêtf Selon les motifs qui inspirent leur attitude, elle peut être blftmée comme une désertion ou louée comme une libération. Lamartine, lui, se libéra. Mais il attendit la mort de son père pour s'affranchir complètement. Quand le vieillard mourut, ftgé de quatre-vingt-huit ans, en 1840, il eut avec son fils une entrevue suprême, d'une émouvante grandeur. « Quelle sera votre politique? » lui demanda-t-il, le regard gravement fixé sur lui. Le fils répondit : « Je suis pour la paix. — C'est bien, mon fils. J'ai toujours été pour la paix. Il n'y a que cela de beau et d'élevé*. »

Cette paix, qu'il voulut en effet toujours, n'était qu'un des aspects du programme de Lamartine. Elle lui apparaissait > comme la condition des progrès politiques et sociaux dont sa fermeté clairvoyante et hardie voulait doter son pays. Mais^ quel régime, quelle forme de gouvernement étaient aptes à réaliser ces réformes nécessaires, aies maintenir, à les déve* lopper ? C'est ici que s'exercèrent sur Lamartine des influences ancestrales auxquelles il s'est rattaché avec une insistance particulière, soit dans les Confidences, soit dans les nombreux souvenirs qu'il a prodigués, en se répétant, dans toutes les parties de son œuvre.

Son grand-père fut officier dans les armées de Louis XV. Son père servit, dès l'ftge de seize ans, dans un régiment où il était capitaine lorsque la Révolution éclata. Il donna sa démission le i*'' mai 1791 pour ne pas prêter serment à la Constitution. Le roi, auquel il vint un an après offrir ses services et dont il sollicitait les ordres, lui commanda de rester à ses côtés. Fidèle à cette consigne qui résumait pour lui tout son devoir, il lutta, le 10 août, contre Tinvasion des Tuileries, qu'il fut l'un des derniers à abandonner, et où, blessé, il risqua courageusement sa vie. Il avait épousé, en janvier 1790, Mlle des Royes, dont le père était intendant

Page 1