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Charles Alexandre, Soaœnirs sur Lamartine, pp. 35 el

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génénl des finances du duc d^Orléiuis et la mère sous-gim»- ▼emaatedes enfants du prince. La jeune fille fut) ainsi élerrée a^ec le futur roi Louis-Philippe. La tourmente révolutionnaiie s'abattit sur le jeune ménage et le sépara. Tandis que le mari était enfermé dans la prisoa de Mâceus fat femme, « caplfve dans sa maison déserte «^ était placée sous la; snr^ ▼eiEBDce de soldats réyolutionnaires. EUeaTait auprès d'elle son fiis Alphonse, âgé de trois ans. Le 9 Thermidor mit fin ft une séparation qui connut des heures tragiques.

On ocmçoit aisément que ces événemenis aient exeraé une influence durable sur ceux qui en furent les victimea* Le movrement rénovateur de la Révolutioi» cesBft d'aToir pcnur adepte le père de Lamartine lorsqu'il passa des réfomesauz * ▼îoleiices. « Et Ton s'étonne que les hommes dont la: vie daté de ce» jouBS sinistres aient apporté, en naissaoït, un g^t de tristeaae et une ^apreinte de mélancolie dans Ib gétÛB fran^ çaîs! 9 {Confidences, 1. II, III). Évidemment il ne faut pas s'en étonner : jamais mélancolie n'eut moins besoin d'expli-

L'erreur pourtant serait grande de faire au p^ede Lamartine une part trop large d'influence dans l'éducation et dans la formation de l'esprit de son fils. L'ancien défenseur de ^ Louis XVI lui transmit les opinions légitimistes qui fuvent jusqut'en 1848, malgré des apparences contraires, le fond de sa dectrîne politique. Mais Lamartine fut surtout le filsde samère. Son Manuêcrit, qu'il a publié d'ailleurs d'une façon incomplète et incorrecte, révèle une âme admirable, faite de senâÛlité, de délicatesse et de droiture. Fière des succès scolaires de son «nfant, cette mère incomparable eut la di^inalios de son génie. Elle en parle avec l'inquiétude d'une tendresse clairvoyante, à laquelle n'échappent pas des défauts contre lesquels elle tente de le mettre en garde. Elle s'att»» chait principalement à le maintenir dans des sentiments religiettx qui, pour elle, étaient la base de tout. En i80i — il avaH enoe ans, et il était pensionnaire à Lyon — elle se réjouissait de trouver ses croyances intaetes. Mais son indépendance l'affligeait et, comme sainte Monique, elle ne cessait pas de prier pour son enfant. Elle le confia en. 1803 aux

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Jésuites de Belley, chez lesquels il resta quatre ans environ.^ Elle surveillait sa foi, d'ailleurs accrue, avec une sollici* tude qui allait jusqu'à lui interdire, quoiqu'il fût figé de dix-neuf ans,lesAf<^mox>es de Mme Roland. Ces précautions ne ^ pouvaient pas durer longtemps. L^annéesuivante» Lamartine menait à Lyon une vie de liberté dont sa mère s'effrayait. «^ Puis, il voyagea en Italie, dont il revint en juillet 1812. Il lisait Rousseau. Encore une lecture redoutable pour la foi : sa mère la lui interdit. À Paris, entraîné dans une vie frivole, il faisait des dettes *: elle alla Tarracher à ce « gouffre de séductions ». En 1814, la chute de Napoléon inspira à Mme de Lamartine une belle page et d'ardentes espérances. «( Le royaume de Saint Louis va renaître avec le royaume de Dieul Chantez un nouveau cantique, chantez la puissance et la bonté de Dieu sur toute la terre I » Elle ne ménageait pas le « colosse de gloire », abattu de son « piédestal d'iniquité ».

La haine de Napoléon, le dévouement à la royauté légi- 1/ ' \ time, la fidélité à la religion catholique, tels étaient les sen- ' timents dont la mère de Lamartine avait pénétré l'âme de son Ifils, au moment où, en 1814, il se faisait inscrire dans les gardes du corps « avec les jeunes gens de la noblesse et de la bourgeoisie royaliste des provinces ». Il avait alors vingtquatre ans.

Jusqu'à cette date, sa Correspondance^ si abondante, si riche, si ingénument pittoresque, où il parle de ses projets et de ses voyages, de ses travaux et de ses amours, ne nous dit rien sur ses sentiments politiques. Tantôt il veut être diplomate, tantôt il aspire à devenir sous-préfet. Mais c'est surtout de poésie qu'il s'occupe. Les événements de 1815,^ 1 sans changer le cours de ses idées, y ajoutent une préoccu- I pation nouvelle. Le retour de Napoléon, dont il redoute ou 4 f la fin des institutions libérales ou la défaite du pays, l'agite U ' et l'inquiète. Ce n'est pas en vain que sa mère Ta nourri dans ' la haine du « colosse de gloire ». Il le maudit. Son premier écrit politique est de cette époque. C'est une lettre véhémente et sévère à Camot, ministre de l'Intérieur. Une « lettre républicaine », dit-il, mais cette appréciation, qu'il donne près de cinquante ans après, en' 1863, est suspecte paras date

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mème^ D^ailleurs, quelques lignes plus loin, il atteste son f royalisme « m6lé d'idées grecques et romaines sur la tyran- \ nie ». Ce sont ces idées, avec lesquelles la foi royaliste n*est pas incompatible, qui inspirent sa lettre. 11 y évoque le souvenir des services rendus par le tribun militaire de la Terreur, auquel il fait honte d'une alliance «sans conditions civiques » avec Tauteur du 18 Brumaire. Il est peu probable que cette lettre, d'ailleurs perdue, soit parvenue à son adresse. Elle vaut comme un symptôme. Lamartine, dès <^^ j/ / moment, voulait concilier la royauté et la liberté : il ne T ¥ concevait pas Tune sans Tautre.

Déjà la politique l'obsédait.' Il composait les Méditaiions, mais ces « chimères » n'étaient pas ce qui occupait le fond de sa pensée. « Je persiste à croire, contre tout le monde, f, que j*étais né pour un autre rôle que celui de poète fugitif,^' \ >w et qu*il y avait dans ma nature plus de l'homme d'État et det \ l'orateur politique que du chantre contemplatif de mes impressions de vingt ans. » On peut sourire de cette appréciation et en contester la justesse : je ne crois pas qu'on puisse mettre en doute sa sincérité. Quand 11 la formulait, Lamartine était âgé de soixante-treize ans, mais il se reportait à des souvenirs de jeunesse qui ne le trompaient pas.

La lettre à Carnot ne fut pas, en effet, la seule manifestation de la tendance qui, en 1815, le poussait vers la politique. Il avait écrit « d'abord quelques petites notes générales, ensuite quelques morceaux suivis et adaptés aux circonstances », dont il entretenait son oncle dans une lettre du 11 novembre. La brochure projetée avait rencontré des admirateurs et, ce qui est moins banal, un imprimeur disposé à la publier à ses frais. La crainte d'un scandale détermina Lamartine à ne pas imprimer son essai dont « le sujet était extrêmement délicat et de nature à faire grand bruit ». II faut ouvrir Raphaël (GXIX) pour le connaître : Quelle est la -place qà*une noblesse peut occuper en France dans un gouvernement constitutionnel? La partie romanesque de AopAaéf/ est sujette à caution : elle dénature volontairement les faits et

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