Raphaël, 18(9, p
a. Lamartine par /ai-méme, p. 44*
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LES ANNÉES DE FORMATION
à MAcon, dans le salon de Toncle de J,nmnrfinitj itfprit f^ monarchiste et libéral, chez qui les partis échangeaient leurs ' ^ oplATons'et'bpposaient leurs contradictions. Ce « salon passionné » exerça sur Lamartine, qui en suivait les réunions, une réelle influence : il lui dut, en particulier, son goût de rindépendance et cette méfiance presque méprisante des ' partis politiques dont son action ultérieure se trouvera 4 la fois ennoblie et aCTaiblie.
Sa liaison avec Mme Charles, qu'il a immortalisée sous le nom d'Elvire, le mit en relation avec M. de Bonald, dont i elle était Tamie. L'auteur de la Théorie du pouvoir politique / et religieux en fit un adepte du traditionalisme et des gouvernements révélés. Mais Tempreinte ne fut pas profonde.^' Eile ne laissa à Lamartine qu'un respectueux souvenir pour le puUiciste dont Tintransigeance s'accordait mal avec ses . propres idées de rén ovation pa r le progrès social. ^ .* i^ >•
La monarchie restaurée, danslaquelTe II mettait ses espérances, ne se hâtait pas d'utiliser les services que Lamartine^ lui offrait. Son besoin d'agir restait sans emploi. Et sa mère, dans son Journal, s'en affligeait. « J'espérais, écrivait-elle à la date du 15 août 1818, que ces princes, que nous avons servis et regrettés, emploieraient mon fils dans les fonctions dont il est capable, mais, depuis trois ans, nous n'avons pas obtenu même un regard. » Lui-même, dans sa vieillesse, ne pouvait pas se défendre d'une certaine amertume en rappe-*lant cette négligence de la monarchie, dédaigneuse du con-'' cours qu'il lui proposait. Il n'en avait pas moins continué à la soutenir, mais avec une indépendance de jugement qui, dans ses lettres, ne ménageait pas les erreurs ou les tendances du pouvoir. Sa Correspondance^ émouvante, variée, souvent ingénue, est le journal d'une ftme qui s'analyse, se cherche et se forme avec une incomparable sincérité. Le secret de Lamartine est là tout entier : il s'y livre, tandis que dans ses Confidences il se pare.
Sa confiance dans la liberté n'est pas spontanée et înstinc-^ tîve : disons le mot, il raisonne tout d'abord comme un conservateurf pour lequel « le seul moyen de gouvernement,'^; c'est la force ». (Lettre à Mlle de Canonge, du 27 juin 1818.)
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|La liberté de la presse reffraie et il biftme le ministère ; Decazes des concessions qu'il fait à ses adversaires de*" < gauche. À vrai dire, rien ni personne ne le contente. Les élections, favorables aux libéraux, ont été un réveil terrible :* il redoute leur majorité prochaine. Mais le parti des ultra-^ royalistes l'inquiète au même degré, moins en raison de ses principes qu'en raison de ses promesses, qui diffèrent à peine des exigences jacobines. Sur un seul point sa clairvoyance n'est pas en défaut. Il aura toute sa vie des intuitions caractéristiques : il pressent le rôle joué par le nom de Bonaparte, « qui n'a rien perdu de sa magie dans les campagnes ». Et, dans ce désordre des opinions et des partis, à défaut d'un coup d'État hardi et difficile, il s'en remet à la Providence, « qui perd et qui sauve contre toutes les apparences humaines » : il dort sur cet oreiller, l'esprit imprégné des doctrines de Bonald et de Chateaubriand (Lettrée Virieu, du i*' décembre 1818). La nation lui apparaît trop turbulente, trop inquiète, trop divisée, pour qu'il puisse croire à l'action de la raison souveraine. Il appelle de ses vœux une volonté vigoureuse qui écrase les deux partis extrêmes sans . rien accorder à aucun. Ces partis, qu'il a vus aux prises dans I le salon de son oncle, lui inspirent une méfiance égale. Déjà il se veut ou il se sent seul. « Il y a longtemps que les ultra m'appellent libéral et les libéraux ultra : je ne suis ni l'un ni l'autre » (Lettre du 28 janvier 1819). Ce qu'il désire, c'est un gouvernement qui agisse, et non un gouvernement qui cède. Il est fataliste et peu confiant, dans un temps « où tout ce qui est vieux s'écroule et où il n'y a pas encore de neuf»* L'année 1820 fut marquée pour Lamartine par un triple événement : la publication (en mars) des Méditations qui furent accueillies par un succès prodigieux, sa nomination (en avril) comme attaché à la légation de Naples et son mariage (en juin) avec une Anglaise, Mlle Birch, qui mit dans sa vie une incomparable fidélité de dévouement.
Ces événements détournèrent Lamartine de la politique, à laquelle, pendant les cinq ou six années qui suivirent, ses lettres font à peine allusion. Il va même jusqu'à dire qu'elle l'ennuie. Poète encouragé par son succès, diplomate attentif
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Photo Bourgeois fr.