Êlades et RéfitxiOM d'un PetêimUle, p
Digiti
on ne saurait s'immobiliser dans un parti existant. Il faut en créer un. Lamartine n'avait pas attendu l'heure de Faction parlementaire pour reconnaître cette nécessité. « Le jour venu, écrivait-il à Virieu le 8 juillet 1830, formons, créons un parti, rallions et marchons. »
Pour une telle entreprise, il faut < du coeur et des ner& ». Lamartine n'en manquait pas. Maie il faut aussi un point fixe. Dargaud, d'esprit réfléchi et pratique, s'inquiétait. Lamartine lui paraissait trop flottant, indécis entre la monar^ chie et la république, entre la branche aînée et la branche cadette. Il lui disait : « Si Ton veut durer, les inspirations ne stifGsent pas sans les convictions. » L'assurance in^kerturbable de Lamartine ne se laissait pas démonter; il répliquait : « Certainement, mais, à la longue, les inspirations font les convictions. Comptons sur nos intentîoDS droites et profitons du temps. » Lamartine, toujours plus confiant daas sa vocation politique que dans sa faculté poétique, se sentait capable de persévérance et de volonté. Il oaesurait en lui un caractère égal au talent. Les épreuves ne l'efihayaient pas : elles faisaient partie de son plan et il les faisait entrer dans son destin. « On me niera, ou du moins on me contestera. Je persisterai et je vaincrai. Je serai moqué, bafoué, traîné dans le ruisseau, mais cette nation admire surtout l'une des vertus qu'elle a le moins : la constance, et j'ai cette vertu au plus haut degré, vous me verrez l'homme politique le plus populaire et le plus puissant ^ » Étrange prédiction, et qui s'accomplira presque à l'heure que Lamartine lui avait prophétiquement assignée. On douterait de sa réalité si la loyauté austère de Dargaud ne méritait pas une entière créance.
Une autre prédiction, mais dont cette fois il était le confident et non l'auteur, parait avoir entretenu les espérances de Lamartine. Pendant qu'il voyageait dans les montagnes du Liban, il avait rencontré une femme étrange, jeune et belle, lady Esther Stanhppe, nièce de Pitt, qui, sans rien savoir du nom, de la vie et du génie de son visiteur, lut sa destinée