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L'ASCENSION VERS LA MAItBISE
dansr un sans d'ftiU«ura goairemementai, anir lu? Pologneetla Riisiie : il ne séttasit foay malgré qu'il fût à son faftiu dès BÛH, à obtenir la pnrole. « Je suisCotiguéà m0urir, écm^itib à Vineu, èo la conientian de- la tète qnesîx hean» d'aibention et d'improviaaiioiL intérieure sur dss questioner de* dates et de ehiffiraa exigent. » En juin il avait dans Fesprit un « superbe » dîseours sur les loteries : iJ ne put paftle pro-
Les questions « humanitaines et spéculal&Yes » auxquelies il s'adonnaii c par nécessîié et par taetiqniie » le retenaient en dehors de la Chambre. Son Voyage ertOriei^, écrit è la.hftte^ ei qu'il jugeait hir-niéase séTènement, se termine par un Résumé polii&qiie qni fi»* Vétat de son esprit au dÂut de 1835* Il ineîsts sur l'impostance et la eemplexiié diss ques* tiens saciale&. La sitimtîaii des prolétaires Fattiiie: et Tin- v^ quiète. H dearande ïa substîtiiAion du; « socialisme à Todieux individualisme », et pair seoialiame il entend a une sorte d'assurance mutuelle à des eeonStîoBS équitables entre la ^ saoiété possédante et la sociMé nen possédante y». S'il reeour natt dans le droit de pvopdtilS la eondttion de toute société, sans lequel il n'y a ni famiUev ni travail, ni civilisation, il élève au-dessus de hn. le àmi d'humanité. Il dit à celui qui possède. « Tu fourniras à tes frères, sur le superflu de ta propriété, les moyens et les éléments de travail qui leur sont nécessanea peuv posséder leus part à leur tour.. »
Cette questioB du prolétariat Tobsède. « Elle fera Texplosion la plus terrible dans la société actaelle, dit-il à la^ Chambre, le 3 février, si la sociélé^y si les gouvernements se. refusent à la sonder et & la résoudre» » Pour sa part, il préconise trois moyens : un vaste système colonial; — un système de douanes et d'économie politique phis éclairé; — un système de charité et de bienfaisance publique qui fasse venir le riche au secours du pauvre, le fort en aide au faible, qui facilite à tous l'accès de la propriété.
En attendant, Lamartine rattache à la discussion, qui se poursuit, du projet de loi sur les caisses d''épacgne.une idée originale. Il ne lui suffit pas que ces caisses, surveillées par l'État, soient une sollicitation à l'économie : il voudrait
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qu'elles deyiennent un encouragement sous la forme d'une prime en argent ou en terre proportionnée aux efforts des . déposants. Ainsi les riches paieraient aux prolétaires sobres et laborieux l'intérêt des vertus qu'ils leur prêchent. Lamartine rappelle que, sous Tancien régime, des grands corps propriétaires, dont il ne regrette pas d'ailleurs la disparition, rachetaient leur richesse excessive par les trésors de leur charité, et « corrigeaient ainsi par l'abus même de leur opulence le vice de leur institution ». La société doit combler ce vide par des efforts extraordinaires de bienfaisance et d'encouragement public.
A l'occasion d'un débat qui soulevait la question desavoir si les. députés promus à des fonctions publiques devaient se soumettre à la réélection, Lamartine se réclama du souvenir de Mirabeau. Cette péroraison est à citer, d'abord ^ parce qu'elle porte sur le rôle qu'aurait joué Mirabeau un jugement dont la vérité, alors plus instinctive qu'établie, est aujourd'hui entrée dans l'histoire, ensuite parce quf» l'orateur est digne par son éloquence du grand nom qu'il évoque. « Messieurs, souvenons-nous de cette loi portée par l'Assemblée Législative * pour qu'aucun de ses membres ne pût être ministre moins de deux ans après la dissolution de l'Assem-» bléel Cette loi était dirigée contre Mirabeau : il l'accepta pour lui-même', mais il la refusa pour les autres I Qu'arrivat-il? La loi fut portée : Mirabeau ne fut pas ministre, et la France fut privée des services du plus grand homme politique que les temps modernes aient jamais produit. Voilà ce que c'est que ces lois d'envie et d'exclusion I Elles déciment les hommes capables, consolent les médiocrités et ruinent un pays » (3 avril 1835).
Il serait impossible de suivre un à un, à moins de faire l'histoire des débats parlementaires sous la monarchie de
1. C'est dans l'Assemblée Constituante que fut discutée la proposition de Lanjulnais interdisant aux déinités d'être ministres.
2. C'est par ironie, et dans un suprême mouvement de dédain, que Mirabeau, sentant la partie compromise par les suspicions qui pesaient sur lut, s'écria : « Voici l'amendement que je propose, c'est de borner Tezciusion demandée à M. de Mirabeau, député des communautés de la sénéchaussée d'Aix >. Quoi qu'en dise Lamartine, il avait le dessein politique de devenir ministre. Voir mon Mirabeau, p. 197-903.
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L'ASCENSION VERS LA MAÎTRISE
Juillet» tous les discours de Lamartine. Mais pour qui veut noter, comme c'est mon but principal, révolution qui a conduit son éloquence à sa pleine maîtrise, un incident provoqué par son intervention dans la seconde discussion sur le traité avec les États-Unis ne saurait manquer d*être retenu (13 avril 1835). Au cours de la discussion, Thiers, ministre de rintérieur, avait mis en cause le gouvernement de la Restauration. Lamartine, qui soutenait sur la question de Findemnité due aux État^-Unis la même thèse que le ministère, s'était ému de cette attaque. II protesta avec une dignité attristée contre une polémique rétrospective dont les invectives ne pouvaient servir la cause d'aucun régime, et il ajouta : « N'oublions pas que ces injures dont les partis politiques s'accablent tour à tour retombent sur la nation tout entière en la flétrissant aux yeux de l'Europe ei que les insultes adressées aux deux drapeaux de la France sont également coupables. L'intention était assez claire pour qu'on ne pût pas s'y méprendre. Le général Bugeaud et d'autres membres de l'Assemblée crurent pourtant devoir échanger des interruptions qui dégénérèrent en tumulte. Le président Dupin aggrava par une intervention lourde et prolongée un incident qu'un mot aurait suffi à apaiser. Lamartine résista à l'orage, soit, devant lui, contre une fraction agitée de l'assemblée, soit, derrière lui, contre un président maladroit et débordé. Sa présence d'esprit et sa loyauté courageuse finirent par lui concilier toute la Chambre, étonnée et indignée d'une interprétation abusive qui paraissait le mettre en révolte contre le drapeau de son pays. L'incident tourna à son honneur. Il n'en dit rien, contre son habitude, dans sa Correspondance^ mais on sent combien sa confiance en lui-même est devenue plus grande. Déjà l'hostilité de l'assemblée ne le prend plus au dépourvu : l'orateur se dégage, s'impose et fait face en séance par son sang-froid aux situations que la préparation dans son cabinet ne lui a pas permis de prévoir.
Malgré que sa faculté d'improvisation se développe, il ne renonce pas, dans l'ordre des questions humanitaires, à écrire des discours dont les généralités expliquent d'ailleurs
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LAMARTINE ORATEUR POUTIQUE
ce genre de préparation. C'est ainsi fu'entre deux débats politiques, qui le jettent en pl^eine mèiée des passions et des partis, il prononce, le 2â avrii' 1835, un éloquent plaidoyer en faveur de rémaneipation des esclaves. ""Un semblaiilB sujet comment trop à la générosité ée sa nature pour ne pas rinspirer heureusement. B promût une sensation dont le compte rendu officiel porte, à plusieurs reprises, le témoignage et il achève son discours au milieu, d'adhésions uiia:<nimes. Cette fois, le succès est certain^J'avoue pourtant que le génie de Victor Hugo aurait trou^ swrun tel thèOie des variations plus riches, des accents plus entratnants, des formules plus saisissantes. Ces deux grands poètes ne sont pas, au sens doctrinal du mot, des philosofilies : il ne faut pas leur demander de forcer et d'égarer leur génie. Mais certaines généralités conviennent mieux à Victor Hugo qu'à Lamartine. Il leur donne, par Pantithèse, par rimage, par le mouvement, un contour et un relief dont la mollesse et la négligence de Lamartine le rendent incapable. Cartes, des deux, ce n'est pas Yictor Hugo qui est l'omtenr né, et l'action qu'il exercera du haut de la tribune devra toujours moins à sa force propre qu'à la com^mîsanee isièéressée des partis. Mais il faut lui rêconuattrer, dans des sujets qui s'accordent avec les aspirations humanitaires de son esprit, une grande éloquence, une puissance, un sens des contrastes et de la vie, qui font défaut, du moins pour ces sujets, ài sen illustre rival. Le discours de Lamartine sur l'esclavage me charme plus qu'il ne m'éBMui : je n'y sens pas la frémissement contagieux qui, parti de Tftme, va jusqu'à l'âme, la pénètre, la secoue et la conquiert.
Cinq jours après ce discours^ dont les intentions ralliani; tous les partis, Lamartine remente à la tribune. Cette fois^ le 27 avril, l'homme de parti reparatt. Il s'agit des fonds secrets. Lamartine a trop le souci des nécessités du gouveiv nement pour en contester le principe et pour refuser ce qu'il demanderait s'il avait lui-même la responsabilièé du pouvoir. Mais il ne veut pas donner à son vote le caractère de la confiance au ministère. Il ne conteste pas les talents et les services des hommes qui le composent Et eertes de
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L^ASCENSION VERS LA MAITRISE
Broglie, Guizot et Thiers méritaient cet hommage. Ce qu'il leur reproche, c'est leur inaction et leur imprévoyance. L'instinct national s'est jeté dans la révolution de Juillet pour « accomplir hardiment^ sincèrement, la grande pensée de 89, la répartition des droits politiques et des avantages sociaux entre le plus grand nombre ». Qu'a-Uon fait au point de vue politique? Qu'a-tron fait au point de vue social? Les interrogations de Lamartine, précises et pressantes, ressemblent à un réquisitoire. Le ton de son éloquence devient plus bref. La phrase, moins ample, est sobre et directe. « Trois mois sont perdus en hésitation pour le pays. Tout s'énerve; le niveau de tous s*abaisse; pouvoir. Chambre, pays, tout souffre. » Â cet émiettement des partis, dont il dénonce l'impuissance, Lamartine oppose de nouveau, avec une ténacité que rien ne décourage, une politique de <c ralliement général, qui n'ait plus d'autre passion que le patriotisme, d'autre dogme que l'intérêt général d. Hélasl l'épouvantable attentat de Fieschi rend vaine la générosité de cet appel.
L'odieuse hécatombe, dont un hasard miraculeux a préservé le roi et la famille royale, n'épargne pas la liberté. C'est contre elle que le gouvernement prend sa revanche. Le ministère dépose trois projets de loi de répression qui visent<-la presse, le jury et les cours d'assises. Malgré l'horreur unanime que le crime de Fieschi et de ses complices a soulevée, ces projets sont mal accueillis, même par les jour-"naux conservateurs et ministériels. Cette opposition et cette hésitation n'empochent pas la commission de la Chambre de les aggraver. Quand ils viennent en discussion, du 13 au â9 août 1835, ils ne sont pas seulement combattus par l'opposition de gauche; d'autres orateurs, venus du centre, tels Dttpin et Dufaure, en contestent le principe ou l'opportunité. Mais deux interventions surtout font sensation, celle de Royer-CoUard et celle de Lamartine.
Agé de soixante-douze ans, Royer-Collard, libéral impénitent, remonte à la tribune, où il n'a pas paru depuis 1831. L'ftge ne le rend pas inférieur à lui-même : c'est toujours la même pensée élevée, presque hautaine, dont l'expression
LAliARTIMl.
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sait allier à la profondeur des aperçus généraux Téclal saisissant des formules qui durent. Son discours est admirable.
Celui de Lamartine, d'un ton moins doctrinal, plus Tellement et plus pressant, supporte sans faiblir une comparaison redoutable. Quoi qu'il en ait dit, ce n'est pas son premier discours politique, mais c'est le premier de ses discours qui le môle directement à radion politique. Jusqu'ici il n'y a été associé, en quelque sorte, que d'une façon incidente et secondaire, sans que ses efforts laborieux et continus aient réussi à détourna de lui « cette malheureuse prévention de poésie » dont il souffre comme d'une infériorité faiiniliaate. Cette loia, vraiment, il joue un pôle, et qui*compte. Dans uae longue discussion où se fae«irien4 tous tes talents du gouvernement et de l'opposition^ il se fait sa place, il conquiert la tribune et l'assemblée, il s'impose comme orateurt* Pourtant sa situation est délicaie. Va-t-il, lui, royaliste, l^itimiste même, refuser les armes que le ministère réclame comme indispensables à la sécurité de la royauté, menacée par l'esprit de révolte, « qui s'est organisé en sociétés anarchiques, en complots vivants, en conspirations permanentes? » (de Broglie). M. Henry Cochin éprouve là-dessus quelque hésitation. « On dirait qu'il ne voulût pas reconnaître le droit de se défendre à un gouvernement usurpateur ^ » C'est, je crois, se tromper sur l'attitude de Lamartine et méconnaître l'inspiration générale de son discours. Il est vrai que Lamartine, sollicité de se rendre au chAteau, à la veille même de la discussion, avait refusé cette visite, désirée par le roi. Mais il donnait à sa femme l'explication de son abstention. « Il aurait été dans mes sentiments comme dans ma nuance de loyauté politique d'y aller avec toute la Chambre au moment de l'événement, mais y aller seul aujourd'hui, dans les salons, me donnerait une apparence de dévouement et de transition personnelle au système dynastique, qui me mettrait en contradiction avec mes antécédents. » (13 août'.)