LUTTE CONTRE LA COALITION
TRIPLE SVCGBS DE LAMARTINE AVX ELECTIONS DE 1837 : SON IDEALISME POLITIQUE |j PREMIERS DISCOURS d'aFFAIRES || LES DÉBATS PROVOQUES PAR LA C COALITION » CONSACRENT LA MAITRISE DE LAMARTINE || IL DÉFEND LES PRÉROGATIVES DE LA COURONNE, MAIS IL RÉCLAME UNE POLITIQUE d'aCTION || LAMARTINE RÉPUDIE, CONTRE GUIZOT, LA POLITIQUE DE C CLASSE » Il MAGNIFIQUES DISCOURS SUR LA QUESTION d'oRIENT || LAMAR- TINE ATTAQUE LE CABINET PRÉSIDÉ PAR THIERS : SON TALENT EST RECONNU PAR TOUS LES PARTIS.
L'ÉLECTION de Lamartine à Bergues, le 5 novembre 1837, fut triomphale. Sur 328 votants il réunit 322 voix. En même temps, les deux collèges de Mftcon et de Cluny en faisaient leur député. Au cours de cette campagne, il avait fait « d'immenses progrès en avocasserie ». Il s'en vantait sur un ton assez méprisant pour lui-même, mais, au fond, il ne lui déplaisait pas d'avoir réussi, même dans un genre inférieur. Son génie avait gagné la gageure d'égaler, en se rabaissant I le ce pathos sonore et le vide plein de mots »> de ces orateurs avocats dont les succès trop faciles l'obsédaient. « Nous sommes des gens de bonne compagnie, apprenant péniblement le patois », écrivait-il à Mme Girardin, à laquelle son triple succès inspira une page dithyrambique.
Digiti
UN « MINISTRE DE L'OPINION
Elle définissait Lamartine « le prophète du bon avenir» Ihomme-pemée qui plane au-dessus des haines, qui suit d'un œil cafane la lutte des partis, qui vit d'espoir et de croyance; qui habite la montagne, seul avec la vérité. Oui, c'est un présage beureuz pour l'avenir politique de la France que de voir le plus beau triomphe électoral de Tannée obtenu .par un homme supérieur qui n'appartient à aucun parti,- ou pluUkt par le représentant de ce quatrième parti puissant déjà, mais encore sans drapeau, et que nous appellerons provisoirement le parti des paysans, c'est-à-dire des hommes du pays \ »
Ce titre prêtait à une équivoque : il ne dépassa pas le cadre de la lettre parisienne qui l'essayait. Lamartine, lui, persistait à se qualifier d'homme social. Dans sa profession de foi aux électeurs de Bergues, il s'était efforcé de défimr ce qu'il entendait par là. La forme de sa lettre était belle, mais le fond restait assez vague : on y trouvait plutôt des aspirations qu'un programme, avec la volonté d'une attitude dont la fierté n'atténuait pas les dangers. Quand on se dit « aussi sincèrement progressif qu'énergiquement conserva^ ieur », on n'énonce pas des propositions contradictoiretsf, mais on s'expose à paraître se contredire et à être suspect successivement, ou même simultanément, aux gouvernements et aux oppositions. Ce qu'il faut retenir de cette profession de foi, c'est le souci, qui fait vraiment l'unité fondamentale et inébranlable de la ligne politique de Lamartine, de sortir des sentiers battus pour « se dépouiller de l'égolsme, et se dévouer plus hardiment à la régénération des choses» à la charité politique envers les peuples, à la réforme rationnelle des oppressions, des iniquités sociales ».
Pendant l'année 1838, le député de Mftcon — car Lamartine, après bien des hésitations de conscience, avait opté pour sa ville natale — parut vouloir rester en dehors de la politique militante. Ses interventions à la tribune se rapportèrent, pour la iplopart, à des questions générales, telles que la con-^ version des rentes, l'émancipation des esclaves et l'abolition