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guarre, ni la tyrannie, ni des légitimités, ni des pnéiandants». ni mtaie des imitateurs. >>
Que faut-il admirer le plus dans un tel chef'-d'ŒUTre? Lai magnificence de la forme, la profondeur de la pensée ou la clairvoyance du génie polittqmue? Lamartine ne porta jamaîa plus- haut ce triplé don. Son succès fut tel que la. Chambra. rejeta le cpédil de ^ millions, auqjuel il avait pourtant ooncllL Liitmâma,, et s'en tint au chiffire proposé primitivemenl/pac le gouvernement.
Aunun parti ne pouvait trouver dans le discour» de: Lamartine rez)>ression complète de s» pensée : les joumaiix n'en furent pas moins presque unanimes à saluer le talent de Toratsur. La PreMa rendait justiae à la c« magnificence de cdla noble panole ». Le Sièclst.qm avait, pourtant été jiia* qu'ai comparer Tagonie de Sainie^-Hélène à celle du Chrtai» lui décerna le môme éloge presque dans les mêmes termes^ Las Débat» reconnaissaient, malgré leurs réserves^ qua: Lamartine n'avait jamais eu « de plus belles ei de plusj patriotiques inspirations. » Le N/Uionai disait : « M. de Lamartine était sur son terrain poétique. Il a chanté d'abord, mais il s'est souvenu ensuite qu'il iUiait parler, et il Ta fait dans certains moments avec une élévation de pensée, et d'expression qui portait le débat à sa véritable hauteur. »
D'autres témoignages ne sont pas moins significatifs. Honri Heine, dont le bonapartisme intégral ne trouvait pasb son compte dans les réserves de Lamartine,, prononçait cepeoidant le mot de chef-d'œuvre ^.
Villamaia lui écrivait cette belia lettre : « Je vous lis dans^ un petit jardin, bien loin du bruii et de la tribune : et jamais, je nî'ai senti émotion si violente. Cela est admirable de génie, et de raison. Vos paroles resteront inséparables de cetteapothéose, et elles en contre-posent l'imprudence politiiiae. Je voudrais qu'elles fussent partout répétées pour l'homienr et l'instruction de la France, qu'on aveugle pour lui faire tourner la meule. Votre discours si éelatant et si profond ne; durera pas moins que votre ode sur Sainte-Hélène. L'un et
u Luièee^ p. 79-74.
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AUTOUR D'UN CHEF-D'ŒUVRE
Tautre seront, quoi qu'on fasse, la seule tombe indestructible de Napoléon. »
MoIé n'était pas moins élogieux que Villemain. Il n'adoptait pas toutes les conclusions du discours de Lamartine : le sentiment de Tordre et Thorreur de Tanarchie, sans le rallier tout à fait au 18 brumaire, Tinclinaient à une indulgence qui ressemblait beaucoup à une absolution. Mais l'éloquence du discours le transportait, au point qu'il n'hésitait pas, dans r«xpresaion de son admiration (j'ai cité cette lettre dans mon introduction), à saluer Lamartine, se surpassant toujours, comme le premier orateur de la tribune française.
Ce sont là des témoignages qui comptent, mais comme ils sont directement adiessés à l'aratenr, on peut y suspecter «ne part de complaisance. Il*en est un, au contraire, dont il est impossible de mettre en doute la sincérité et l'HUterfté. Quand Sainte-Beuve loue, dans une lettre iirtîme^ un contemporain, et qui était poète, on peut l'en croire. Ayant le discours sur les cendres de Napoléon, son intelligence et son goût reconnaissaient l'élA^uence de Lamartine, mais sa malice ne perdait pas ses drohs. « Ce qu'il y a surtout dans Lamartine, c'est le talent immense, l'instrument merveilleux et le besoin d'en jouer : jeune, à une heure sublime de mystère et d'amour, dans ses premières Méditations ; plus tard et déjà à l'état de sonate dans les Harmonies; et aujourd'hui, encore à l'état de sonate dans la lice oratoire. — Mais il arrive à être politique, dit-on. — Oui, il arrive à le paraître : cela tëntre dans le progrès de son talent et de sa sonate oratoire. Car, quand je dis sonate, j'entends une sonate de plus en plus assortie et appropriée. » Ces lignes sont de mars 1840, antérieures de deux mois au discours sur Napoléon. {Causeries du Lundi, XL Notes et Pensées. XCVI). Dès le lendemain du discours, il ne faut plus à Sainte-Beuve qu'une phrase pour exprimer son sentiment. « Lamartine, qui décidément est un grand orateur politique... » (Lettre à M. et Mme Juste Olivier, 27 mai 4840). Je ne sais pas un hommage qui en puisse dire plus long.