‹ Lamartine, orateurChapitre 4 sur 108 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

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INTRODUCTION

fiance que de craintes ou de regrets. Il sut, à plusieurs reprises, rendre hommage au génie et à l'indépendance courageuse de Lamartine. Mais, quand les événements déjouèrent ses espérances^ il rendit Lamartine responsable de ses déceptions. Et cest dès ce moment quil lui reprocha d'être un poète : « La France s'est oubliée à cette folie de prendre un Jour pour colonel le principal musicien du régiment ».

Aucun reproche n'affecta jamais plus vivement et plus profondément Lamartine. H en souffrait comme d'une injustice et presque comme d^une injure. Il lui arrivait même de commettre contre son génie poétique le sacrilège d^en déplorer le don et de maudire les vers qui trompaient le monde sur sa destination naturelle et véritable.

Dans la Lettre servant de préface aux Recueillements, en 4888, il expliquait pourquoi il ne chantait pas tout le temps au soleil sur le pont. < Je me mêle à la politique \ par devoir, comme tout passager dans un gros temps met I la main à la manœuvre. Il faut monter à la vergue et prendre un risy ou déployer la voile. » C'était sa part de « labeur social ». On affectait de ne pas comprendre. Les avocats, dont il déplorait, plus qu'il ne l'enviait, la facilité à parler de tout^ et les publicistes, auxquels une sorte de grâce professionnelle paraît permettre de n'ignorer rien, le renvoyaient avec mépris aux inspirations de sa muse abandonnée. « Poésie et toujours poésie.... On me reléguait d'une voix unanime dans la région des chimères; on me renvoyait sans cesse à mes hémistiches. C'étaient les carrières de mon esprit. » (Tribune de M. de Lamartine. Préface, i^'juin i8id.)

Dès qu'il voulut sortir de ces carrières, le dénigrement, Venvie et la raillerie firent fureur. Il traînait derrière lui la prévention de poésie <c comme un lambeau de pourpre

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