‹ Lamartine, orateurChapitre 50 sur 108 · La oie intérieare de Lamartine^ p · texte numérisé non relu

La oie intérieare de Lamartine^ p

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continuité et à Texercice régulier de Tautorité royale pendant la minorité de Théritier du trône.

« Sire, les peuples ont une ftme et ressentent ces afflictions comme les rois; mais ces épreuves, quelque sévères qu^elles soient» ne prendront jamais la France au dépourvu de prudence, de patriotisme et de fermeté. Elle vit dans ses institutions. Les grands sentiments nationaux font les grandes forces. La France veut être libre, forte, étemelle. A chaque crise qui la menace ou qui Tébranle, elle grandit et s'affermit sur elle-même. »

Le gouvernement proposa un projet de loi qui conférait au prince le plus proche du trône une régence inviolable et munie de tous les pouvoirs de Tautorité royale. C'était établir la régence de droit (dont le duc de Nemours aurait été le bénéficiaire) et en exclure les femmes.

Lamartine prit part, dès le premier jour, à la discussion, dans la séance du 18 août 1842. Il se prononça en faveur de la régence élective et contre Texclusion des femmes.^Cette thèse, dont les circonstances aggravaient la hardiesse, lui inspira un discours que je tiens pour Tun de ses meilleurs par la puissance de la dialectique, par la pénétration de la psychologie et par l'élévation de la pensée, au service desquelles sa parole, imagée et claire, mit les leçons de rhistoire interprétée de haut et à larges traits. La délicatesse avec laquelle Lamartine réfute les inconvénients de la régence féminine, qu'il défend contre une extension abusive de la loi salique, n'a d'égale que la force avec laquelle il dénonce les dangers d'une régence masculine, exposée aux tentations les plus criminelles. L*accent de ces pages est inoubliable : « Non, la loi que vous faites n'est ni conservatrice ni dynastique. On l'appelle conservatrice, et elle est grosse de révolutions; on l'appelle dynastique, et elle est grosse d'usurpations. Elle chasse la mère du berceau et y place le compétiteur et le rival. »

Après avoir critiqué « l'imprudence odieuse de cette loi contre nature », Lamartine s'attache à en démontrer la timidité politique. C'est la partie la plus audacieuse de ce surprenant discours, celle où il va « rompre, comme il s'en

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