Profession de foi aux électears de Mâcon, 3 Juillet
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LAMARTINE ET GUIZOT
actuel des partis en France et la nécessité d'une transaction un article où se retrouvaient toutes les qualités d'analyse et de pénétration qui faisaient de lui un grand historien politique.
Le premier coup d'œil qu'il jetait sur les partis lui révélait : « des ressentiments d'autant plus implacables, des querelles d'autant plus vives, que trop souvent rien de sérieux ne les motive et ne les justifie ; des ambitions et des ivalités personnelles qui se couvrent à peine du masque de rintérêt public ; des intrigues en tous sens qui se mêlent qui se croisent, qui se heurtent, et, au milieu de tout cela une lassitude chaque jour croissante et un épuisement presque général». N'est-ce pas, en raccourci, un tableau semblable à celui que Lamartine a tracé plus largement dans plusieurs de ses discours? Ailleurs, Duvergier de Hauranne disait : « Quand on veut regarder la Chambre dans ses deux grandes divisions, dans celles qui, dans les dernières élections, ont formé la majorité et la minorité, le parti ministériel et l'opposition, on n'y voit rien qu'un mélange confus^ qu'un va-et-vient perpétuel d'hommes et d'opinions ». N'est-ce pas indirectement justifier Lamartine d'avoir cherché ailleurs que dans la soumission à ces partis instables une règle de conduite et un point d'appui?
Il y a plus et mieux. Duvei^er de Hauranne, analysant la situation ;du parti conservateur et découvrant ses divisions sous ion unité apparente, consacre à Lamartine un passage spécial. Il salue en lui le chef et l'orateur de la majorité qui mena la lutte contre la coalition. Mais il se demande où est le point de contact entre le parti conservateur et Lamartine. Il ne le trouve ni dans l'a politique extérieure, dont Lamartine a tant de fois blâmé l'inaction et l'effacement, ni dans la politique intérieure, qui lui inspire une conclusion saisissante : « M. de Lamartine croit que, si le il octobre a péri, c'est pour avoir voulu protéger outre mesure le système de résistance ; il déclare que la Révolution française est une Révolution sociale dont le dernier mot est démocratie, il condamne comme radicalement faux le système semi-aristocratique, semi-bourgeois, qu'à tort ou à*'
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raison il impute à M. Guizot; il dit que la gauche est le parti i^ de Favenir, et que, loin de s'alarmer si elle arrÎTait an pouvoir, on devrait se réjouir de la voir apporter à son tour dans la politique du mouvement et des idées; il proteste enfin, en ce qui le concerne, contre le nom de conservateur, parce que ce nom, selon lui, exclut les améliorations du présent et rintelligence de Tavenir. Est-ce ainsi que le parti conservateur comprend et juge le système de résistance, la Révolution française, ^'avènement possible de la gauche et sa propre mission? » Il faut opposer cette analyse ramassée et saisissante d*un contemporain autorisé, dont Lamartine avait été le redoutable adversaire, aux critiques et aux étonnements qui accablent si légèrement son attitude politique sous lé reproche^ toujours le môme, de mobilité et de contradiction. Duvei^er de Hauranne va plus loin. Il rappelle l'attitude de Lamartine au cours de réoenis^bats. « Et Ton se flatterait après cela d'enchatner longtemps M. de Lamartine à une politique immobile au dedans, inaetive au dehors 1 C'est une étrange illusion, une illusion que M. de Lamartine lui-même se chargera bientôt d'enlever à ses alliés actuels, quand la préoccupation du l'^' mars pèsera moins sur son esprit 1».
Ce jugement impartial renfermait une prophétie. Il s'écoula peu de mois avant que Lamartine ne la réalisât. Libéré de la préoccupation du l"*' mars, il se sépara du parti conservateur, en février 1842,^dans la'question de la réforme électo-^ raie, et en août dans la question de la régence. Le caractère^ et la portée du discours qu'il prononça au cours de cette dernière discussion n'échappèrent pas à Tattention de Rossi, qui rédigeait avec une haute autorité la chronique politique de la Revue des Deux Mondes. Il vit dans ce discours, dont le ton était singulièrement révélateur, autre chose qu'une divergence accidentelle. Il y découvrit ce qu'il y avait au fond : une rupture. « M. de Lamartine, disait-il dans la^ chronique du 31 août 1842, a quitté franchement, solennellement, le camp des conservateurs, pour passer dans les rangs de la gauche. Ce n'est sans doute pas pour s'y cacher et pour s'y faire oublier... M. de Lamartine est un conserva-