‹ Lamartine, orateurChapitre 59 sur 108 · Ch. Alexandre, p. 4a · texte numérisé non relu

Ch. Alexandre, p. 4a

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années et en animer d'autres, quand ces hommes, lassés de là marche, s'arrêtent, se retirent du combat ou disparaissent de la scène, en faisant place à des hommes plus jeunes et moins fatigués. » {Profonde sensation. — Bravos à gauche.)

Deux mois après, le 7 mai 1844, Lamartine prononçait un discours sur le régime cellulaire.^ette \^riété d'aptitudes et cette facilité d'assimilation sont d'autant plus prodigieuses que tous les sujets abordés par cet orateur peut être unique étaient traités à fond, dans leur ensemble et dans les détails, dans les principes et dans les applications, avec une aisance et une clarté qui déconcertaient les spécialistes. Quand Lamartine disait, en exposant ses idées — des idées d'avenir — sur la déportation : « Je n'apporte pas ici des idées aventurées à la légère dans une question grave ; je parle après réflexion », il disait vrai. Il avait travaillé, compulsé des docu- ^ ments, lu des rapports, pénétré et approfondi les législations étrangères. La théorie de la réhabilitation, de l'amélioration morale, de la rédemption du condamné, dont il avait jeté le germe dans la Politique rationnelle, inspirait son discours, où les sentiments de l'humanité la plus généreuse n'abdiquaient pas pourtant le droit de défense de la société. Quoiqu'il se déclarât le plus incompétent des hommes en cette matière et qu'il affectât de rougir devant les juristes, il discutait le fait et le droit,* la loi et la réforme, comme un criminaliste doublé d'un philosophe. M. de Peyramont, de Tocqueville, M. Beaumont, M. Duchâtel et Dupin, avaient rendu sa tâche difficile. Il ne s'en effraya pas et il ne leur fut pas inférieur. Les généralités convenaient à son talent dont elles recevaient une splendeur exceptionnelle, mais il savait l'assouplir, le nuancer, l'appliquer aux moyens d'exécution et, sans cesser d'être poète, il se révélait législateur expert et tacticien avisé. « Mon discours, disait-il, était mal bâti, mal écrit, mais la péroraison belle, faite de suite, est née d'une improvisation. ' )> Cette improvisation, qui se sent en effet, l'orateur l'avait avouée, afin de s'en excuser, à la tribune. Coquetterie plutôt qu'excuse. Le mouvement auquel

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