La France Parlementaire, II, p. 861 et
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aspects. La méthode de Thiers consistait toujours à parler à ses auditeurs comme s'ils ignoraient tout du sujet traité. ^ « Par ses soins, disait Jérôme Paturot avec une légèreté d'ironie délicieuse, j'ai appris qu'il existe sur le Bosphore une ville qui se nomme Constantinople, et que les Turcs y sont en majorité. C'est là incontestablement une notion très essentielle en tout état de cause. »
La richesse, la puissance et la variété du rapport de Thiers ne réussirent pas à ébranler l'hostilité de Lamartine. Il avait, lui aussi, étudié « k fond » et « jusqu'à la lassitude de l'esprit » la question militaire, historique et statistique, avec les généraux et les hommes de l'art, et son opposition allait jusqu'à la fureur (lettre à. Virieu, 30 décembre 1840). Il intervint contre le projet dans la séance du 21 janvier 1841. Son discours, de l'aveu même de M. Thureau-Dangin, obtint un grand retentissement. Il le méritait.
Pour excuser son incompétence il eut une allusion charmante : « J'ai dit incompétent. Messieurs, je m'explique ; car si je ne suis pas de ces hommes qui croient avoir fait tout ce qu'ils ont iu^ et qui, pour s'être couchés quelquefois sur des cartes militaires dans leur cabineiy s'imaginent avoir dormi dans tous les bivacs de nos grandes guerres ^ ; si je sais reconnaître aux généraux consommés, aux officiers distingués, comme celui que nous venons d'entendre, le droit qu'ils ont acquis au prix de leur sang de parler des choses de la guerre; cependant, je le déclare hautement, je ne m'incline devant l'autorité de personne. »
Je ne saurais, à défaut de compétence, analyser complètement un tel discours où Lamartine ne semble se fatiguer dans aucun effort pour se révéler expert en stratégie et en "histoire militaire. Mais comment ne pas faire honneur au génie de l'orateur, à sa psychologie et à sa divination pro-
1. « Thiera passait, chaque jour, trois ou quatre lieuras dans les bureaux des miaistères de la guerre et de la marine, prétendant tout décider par lui-même» enseignant aux officiers leur métier, et réduisant les deux ministres spéciaux au réle de commis. Oa bien U couvrait ton parquet de carteâ géographiques et U« étendu eur le ventre, s'occupait à ficher des épingles noires et vertes dans le papier^ tout comme avait fait Napoléon >. (Tbureau-Dangin, IV, p. 378.)
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digi6U96» des intuitions auxquelles les événements ont apporté une confirmation éclatante?
Lamartine avait prévu, sinon tous les développements de Tartillerie, du moins la puissance de ces « machines de guerre, de ces bombes, de ces canons, qui ont multiplié cent fois sa force. Je dis que cela a profondément altéré le système «^ de guerre et F importance des capitales. »
Nul, d'autre part, n'a mieux mis en lumière les qualités du soldat français et Fusage qu'une stratégie avisée doit en faire : « Oui, le soldat français est le premier par l'élan, le mouvement, l'improvisation de la mêlée, c'est l'action ellemême ; c'est le mouvement facile, rapide, instantané, communicatif, qui se multiplie par l'élan des individus et des corps, et qui, grftce à la soudaineté du sentiment individuel ou collectif, grâce à l'électricité de l'intelligence répandue à à la fois dans tous et dans chacun, fait deux choses, deux choses immenses, deux choses avouées en des termes devenus proverbes par les deux plus grands généraux que la France ait eu à combattre, Souwarow et lord Wellington ; l'armée française est l'armée qui marche le mieux, et le soldat français est le premier soldat de l'univers, sur un champ de bataille et tant qu'il marche en avant. Voilà les deux qualités que l'univers entier lui reconnaît. Il n'aime pas à attendre le coup, il le devance : le mouvement l'enflamme, la patience l'humÛie et lui semble de la Iftcheté. Il faut nous prendre comme Dieu nous a faits; on ne change pas la nature, on s'en sert quand on est homme d'État. Eh! avons-nous tant à nous plaindre d'un caractère qui a ses dangers, mais qui nous a faits si grands dans la guerre? » Ce caractère du soldat français, qui a ses lois, a aussi ses conséquences : « Qu'est-ce que des murs? Des embarras à garder souvent Les armées sont des murs qui marchent, des murs intelli gents, des murs de feu et d'âme qui se déplacent, qui avancent, qui couvrent où il faut couvrir, qui reculent où il faut reculer, et qui défendent la nation partout, r* ^
Successivement Lamartine conçoit le projet au point de vue de la tactique militaire, — de la politique^ — de l'humanitéy — de la liberté, — du bon sens, — de la dignité et du
courage. Sa péroraison est brasque. Et voici qu'ayant acheté, étant descendu de la tribune, il y remonte : « Pardon, mesaîeurs, j'oubtiaia un dernier mot : laissez-moi vous le dire encore. » Qu'a-tnl donc onûa dans ht TéhémeDce d*iiae improTisatioa violemment inspirée et entraînante? Bsl-ce un sin^e mot qu'il ajoute? Non, c'est le passage le pl« beau, le plus profond, le plus passionné de son discours qu'il jette, comme un cri suprême, k l'assemblée haletante. On a représenté la France conune étant au ban de l'Europe, du monde civilisé et monarchique. Pour la défendre contre des ennemis implacables qui détestent en elle sa liberté et les principes de sa Révolution, on invoque la nécessité de lui élever <c un asile de fer et de browce » qui la rende inacoessible et inviolable. « Vous éies en d3 encore, dit le rappett. » Lamartine relève cet argument conune une insulte et comme un blasf^ème. Il croit à la puissance, toujours croÎBsante au dehors, des idées généreuses et régénératrices que I7M a fait éclore sur le monde. Et, magnifiquement, il s*écrie : « Quoi I il y a bientôt la moitié d'un siècle que cette révolution a jailli d'ici sur le monde comme un astre lumineux et pacifique d'abord, comme un volcan plus tard, quand la coalition de Pilnitz voulut imprudemment mettre le pied du soldat sur la lave toute-puissante de nos idées et de nos drmts! Quoil nos pères sont morts presque tous, les uns en la combattant dans ses excès, les autres en la confessant sur les échafiauds, ceux-là en lui faisant un rempart de leurs baïonnettes pour défendre son sol sacré, ceux-ci en allant lui coiftqnérir le monde avec son drapeau qui les fesciMiit eocore, mftme quand un despote le portait devant eux I Quoil elle a soulevé presque toutes les capitales de l^Eurepe, secoué tous les trônes, emporté toutes les couronnes, modifié, libéralisé presque toutes les constitutions vieillies des peuples; elle s'est répandue comme l'air et la lumière pendant cinquante longues années avec vos idées, votre nom, y^s armes; elle a éclaté avec la force d'explosion d'un Évangile armé des temps modernes! Le monde entier est plein d'elle, de ses souvenirs, de ses vertus, de ses crimes, de ses ex^<Ht8, de ses œuvres, de ses codes 1 Et aujourd'hui, aujourd'hui
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qu'elle a nn peuf^e de 34 millions d'hommes unis, armés, invincibles pour elle, et la sympathie de la moitié du monde, VMI8 la déclarez assez abandonnée, assez désespérée, assez* menacée, assez timide pour avoir besoin de se creuser une tenière au cœur de notre sol, comme une bête féroce qui s'enfouît dans le repaire honteux oii elle sent qu'on va yenir la traquer I » {Longue interruption de bravos prolongés.)
Est-ce à dire que Lamartine nie la nécessité de fortifier le pays et de mettre la défense de Paris en rapport arec la défense (générale du royaume? En aucune façon et, le SB janvier, il appuie d'une argumentation serrée un amendement du général Schneider qui supprime l'enceinte coniiBne, mais aooepte les forts détachés. «Je t'euToie, écriraitr fl quelques jours après à Virieu, mon second disoowns, non fréparé, sur les fortifications, improvisation complète et décousve comme tout ce qui n'est pas pensé. » J'ai peine à emire que ce discours, dont l'impression ne fut pas inférieure au premier, n'ait ét^ ni préparé ni pensé : sa documentation et sa méthode suffisent à écarter cette hypothèse. liais sans doute l'improvisation y eut-elle une part plus grande. Il faut en retenir un passage prophétique.
Déjà, le 21 janvier, Lamartine avait fait allusion à « l'usage MÛsÉre » que les « factions violentes » pourraient emprunter aux fortifications de Paris. Cette fois il précise et, tout simplement, il entrevoit la Commune : « Comment contiendrez-vous le moral d'une population placée dans des conditions de turbulence et d'émotion pareilles? Quel sera le gouvernement, la force publique qui pourrait y résister?..-
« Voilà une population qui, pour toute distraction, n'aunûtquedes rumeurs et des nouvelles sinistres... {Réctamaiians. Violents murmures.)
« Je dis. Messieurs, qu'il n'y a pas une pensée prévoyante, qu'il n'y a pas une imagination vraie qui puisse se porter sur les tableaux d'une situation pareille, sans reculer devant ces éventualités; je dis que^dans une situation pareille, il serait inévitable que les partis les plus désespérés , que les factions les plus violentes tendraient malheureusement à s'emparer du paySy et à le déchirer comme une proie dans leurs
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luttes. Je dis qu*une population semblable présenterait la plus affreuse réunion de détresse et de fléaux humains qu'il eût été donné à Tesprit d'imaj^ner. » {Nouveaux murmures.)
Cette prédiction émouvante et un appel .pathétique, d*abord à l'opposition, divisée sur la question, ensuite aux conservateurs, dont Lamartine n'était pas encore séparé, ne purent triompher d'une majorité que la parole lumineuse de Thiers, soutenue par la fermeté loyale de Guizot, avait acquise au projek L'échec ne diminuait pas Lamartine. Son talent avait trouvé dans cette discussion une occasion de se manifester sous une face nouvelle, qui complétait heureusement l'impression produite par sa lutte contre la coalition. Il s'en rendait bien compte, mais la satisfaction qu'il éprouvait n'était pas sans mélange. Il écrivait à Virieu, dont la mort était si prochaine : « Ma situation politique est de premier ordre à présent, ma situation au parlement très importante aussi, ma situation d'orateur presque unique, ma situation de poète ce que tu sais, ma situation d'honnête homme avérée, et, au milieu de tous ces rayonnements de gloriole et de force imaginaire, je suis le point noir et triste où tout s'éteint en convergeant, /r/s/is est anima mea. La vie est courte, vide, n'a pas de lendemain, peu d'intérêt; on voudrait ce qu'on n'a pas, on sent le poids de ce qu'on a ramassé par terre. » (6 février 1841.)
Entre Lamartine et Thiers la discussion avait été courtoise. Des deux c'est Lamartine qui avait été le plus vif. Il avait accusé Thiers de chercher « un bill d'indemnité, un bill de patriotisme et de gloire « et même il était allé jusqu'à dire à la Chambre : « Craignez un piège dans ce patriotisme suspect ». Thiers n'avait pas relevé l'allusion. La question était trop haute à ses yeux pour qu'il la laissât dévier vers un incident personnel. Il réfuta la thèse de Lamartine avec une richesse d'argumentation et une clarté d'exposition extraordinaires, sans même se permettre un de ces traits malicieux dans lesquels il excellait. Il était d'esprit trop avisé pour n'avoir pas mesuré la force de talent et de popularité qui se levait devant lui. Il voulut la conquérir en la séduisant. C'est en février et mars 1844 qu'il tenta auprès
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de Lamartine, mais avec des procédés plils dignes du caractère du noble poète, Teffort qui avait si mal réussi à Guizot. Il essaya de le faire entrer avec Barrot dans une alliance qui aurait constitué ipie sorte de triumvirat de l'opposition. L'offre flatta Lamartine comme un hommage rendu à sa situation, « en apparence très faible, et en réalité indispensable à tous». Mais cette situation ne tenait-elle pas. surtout à son indépendance et ne risquait-il pas, en aliénant celle-ci, de compromettre Tautorité que sa parole, sa patience et son courage lui avaient donnée devant le pays? Éloigné de toute ambition vulgaire ou hfttive et capable de réflexions à longue portée, il disait : « Mon isolement est un capital que je ne dépenserai pas légèrement. Je ne veux accepter d'aucun parti des antécédents qui me feraient sacrifier quelque chose de l'avenir. » (Lettre à de Champvans, U février 1844.)
Il ne voulait pas non plus sacrifier dans ses propres antécédents les doctrines, les positions ou les attitudes qu'il continuait à considérer comme un devoir envers la nation ou la liberté. Il n'avait apporté dans aucune question une conviction plus profonde que dans celle des fortifications de Paris. Son hostilité intransigeante procédait, non d'un parti pris d'amour-propre, mais d'un parti pris de conscience. Aussi ne faisait-il rien pour en atténuer l'expression. Au moment même où s'ébauchaient les négociations d'un rapprochement entre lui d'une pfirt, et Barrot et Thiers de l'autre, un débat sur des pétitions contre les fortifications s'ouvrit à la tribune. Il ne songea pas un seul indtant à garder le silence. Responsable, dans une large mesure, de l'agitation de la presse et de l'opinion publique, il intervint pour donner les raisons du mouvement qu'il avait fomenté. 11 reprit, avec une sobriété qui en augmentait la force, ses précédents discours, et, sans négliger les objections de Tordre militaire, il insista avec une vigueur particulière sur les appréhensions que faisaient nattre dans son esprit « cette loi de dictature; ces citadelles au siège des pouvoirs législatifs, en face de la tribune, ce défi à la sécurité, à l'indépendance des départements ». Les événements n'ont pas, sur ce point, justifié les craintes passionnées de Lamartine, mais il 4eur donna un accent dont
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son éloquence a rarement dépassé la ligueur : « Oui, que la Chambre y fasse attention, c*est la France du 14 juillet qui lui parle dans ces pétitions. (A gauche : Bravo/ bravo/) Respectez ses craintes, fussentrelles à yos yeux exagérées et sans motifs; il ne vous est pas permis de dédaigner ses inquiétudes, Messieurs! La liberté est ombrageuse et jalouse partout, c'est sa nature, c'est son caractère, c'est son devoir; elle est ombrageuse et inquiète, surtout quand elle est jeune, récente, à peine affermie, travaillée par la corruption dans ses organes, menacée au dehors, et qu'elle a été trahie ai souvent et si effrontément par ceux qui lui devaient tout! {A gauche : Bravo/), qui ne vivaient, qui ne régnaient que par elle {Oui/ oui/ Bravo/ bravo /)j par ceux qu'elle avait élevés sur son pavois, qu'elle avait été chercher dans la foule, et entourés de sa toute-puissance, non pour la trahir et la menacer [Très bien/ très bien/), mais pour la défendre et la conserver inviolable à nous et à nos enfants. »
Dix jours après ce discours^ Thiers demandait à Lamartine une entrevue. Ce fut dans un bureau do la Chambre, où Thiers, homme de précaution, avait fait allumer du feu, que la conversation eut lieu. L'ancien président du Conseil exprima à Lamartine son vif désir de faire cesser entre eux toute incertitude et de se mettre d'accord avec lui en vue d'une opposition commune. Lamartine repoussa tout de suite cette otite que la diversité de leurs principes rendait inacceptable. A la paix proposée il opposa avec une fermeté courtoise la guerre inévitable. Thiers invoquait sa force parlementaire; Lamartine se réclamait du pays et disait : « Je serai très applicable. Jusqu'à présent je n'ai pas dû l'être. J'avais mes convenances. J'ai pris pied depuis deux ans. » Il fallait, en effet qu'il eût « pris pied » pour recevoir ainsi successivement les propositions des deux hommes d'État de son temps qui se partageaient le pouvoir et l'influence politique. Thiers insista : « Je désire sincèrement que nous nous unissions. Il serait bien que deux hommes comme nous fussent à la tête des affaires ». Lamartine, par politesse, réserva l'avenir : « Plus tard, peutrêtre, quand nous ne serons pas deux symboles contraires, quand les conséquences
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des làiis qui nous divisent se seront affaiblies. Nous pourrons alors faire quelques campagnes ensemble, et j'en serai heureux, car je vous aime, M. Thiers, bien que je n'aime pas votre politique. ^ »
Lamartine n'avait pas manqué d'indiquer la révision de la ^ loi sur les fortifications comme une des questions qui le séparaient de Thiers. Cette contradiction était trop profonde et elle tenait chez l'un et chez l'autre à des convictions trop sincères pour ne pas suffire, à elle seule, à rendre l'entente impossible. Sans doute le fait était irrévocablement accompli puisque les fortifications étaient construites. Mais l'armement restait à faire. Thiers ne pouvait manquer de le réclamer comme une conséquence, tandis que Lamartine le dénonçait comme une adhésion. Cette divergence les ramenait à leur point de départ. Elle fut l'occasion d'un vif incident parlementaire, qui faillit aboutira un duel.
Au mois de janvier 1845, Lamartine, se promenant avec Dargaud, dans la rue de Rivoli, lui parla d'un propos de Thiers « qui se serait vanté de le tuer à la tribune. Je ren défie, ajoutait-il. Je serai heureux de me mesurer avec lui. Je n'aurai pas besoin de talent pour le battre. Ah! que je suis loin de le craindre! Je le connais et je me connais. Je suis décidé à une lutte sérieuse. Je mettrai habit bas et je dirai ce qu'on sait de lui et ce qu'on ne sait pas de moi. ^ » L'animation de Lamartine était extrême : toutes ses paroles « dit Dargaud, étaient des balles. Avait-il en vue, à ce moment » le débat sur les fortifications? C'est peu probable. Je crois plutôt qu'il pensait à l'Adresse; il avait la volonté de ne pas prendre part à la discussion, mais, provoqué, il eût répondu, et l'on sent avec quelle passion I Thiers lui en épargna l'otcasion : il parla sur le Maroc, sur Taïti et sur le droit de visite, trois sujets propres à incriminer la politique extérieure de Guizot, mais qui laissaient Lamartine hors de caase. Celui-ci écrivait au lendemain de ce discours : « Thiers n'est pas plus populaire ni plus fort que moi à la Chambre. » C'était une façon de reconnaître la populariLt}