‹ Lamartine, orateurChapitre 63 sur 108 · I. Des Cognets, op. cit., p. 3i6, 3ao · texte numérisé non relu

I. Des Cognets, op. cit., p. 3i6, 3ao

a. Des Cognets. L'incident est raconté aux pages âao, 397.

Digiti

et la force de son adversaire : trois mois après il les bravait.

Dans son bureau d'abord, à la tribune ensuite, il refit le procès des fortifications de Paris pour en combattre TarmemeDt. N'était-ce pas une gageure? N'avait-il pas tout dit? Ne courait-il pas le risque de lasser l'attention de la Chambre et d'affaiblir sa thèse en se répétant? Ce fut, tout au contraire, dans cette question, son plus beau discours, auquel Berryer disait que seule l'épithète de miraculeux pouvait convenir ^ Pour démontrer une fois de plus que les fortifications de Paris n'étaient pas une garantie nationale de sécurité contre l'étranger et qu'elles pourraient être une condition d'agitation, d'inquiétude et de danger contre la liberté, il invoqua des considérations historiques auxquelles il n'avait pas eu recours encore. Mais la partie neuve, originale et impressionnante de son discours fut celle où, rattachant la question des fortifications à la politique de la monarchie de Juillet, il s'efforça de démontrer qu'elles rompaient l'équilibre entre les prérogatives du pouvoir exécutif et les prérogatives populaires conquises en 1830. A vrai dire il avait indiqué cette idée en parlant Tannée précédente sur les pétitions, mais il ne l'avait pas développée. Les développements qu'il lui donna, le 6 mai 1845 *, incriminaient, depuis son origine jusqu'au dépôt du projet, les actes principaux du Gouvernement de Juillet. Il fallut toute l'autorité du talent de Lamartine et toute sa volonté pour imposer un semblable réquisitoire à une Chambre qui, ayant voté des^ murailles, ne pouvait sans contradiction et sans incohérence en refuser l'armement. La destitution de La Fayette comme commandant de la garde nationale, la démission de Laffitte, les lois de septembre, la constitution du ministère Guizot, la loi de la régence, apparaissaient à Lamartine comme les étapes successives d'un système d'usurpation des libertés^ publiques dont les fortifications de Paris étaient la manifes^ tation dernière et la plus inquiétante. On peut discuter cette thèse générale et repousser cette conclusion. Mais Lamartine

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