‹ Lamartine, orateurChapitre 67 sur 108 · Cité par Tbureau-Dangin, VU, p · texte numérisé non relu

Cité par Tbureau-Dangin, VU, p

a. Lamartine par lui-même, p. 418.

AUTOUR DU DISCOURS DE MÂCON

rieure du gouvernement « gibeline à Rome, sacerdotale à Berne, autrichienne en Piémont, russe à Cracovie, prussienne en Pologne, française nulle part, contre-révolutionnaire partout ». Les séjours qu'il avait faits en Italie comme diplomate et les négociations auxquelles il avait été mêlé lui donnaient dans cette question une autorité dont il ne manqua pas d'invoquer le bénéfice. Il n'exagéra pas pourtant cet aspect personnel. Avec jine grande habileté il se demanda ce qu'aurait dû faire le cabinet.français au point de vue de ce parti conservateur, libéral et nfitional, dont Guizot prétendait représenter les doctrines. Il discuta les instructions du ministre des Affaires étrangères, éplucha ses dépêches et essaya de démontrer que le Gouvernement de Juillet avait moins favorisé que la Restauration elle-même les aspi-*^ rations italiennes. Cette analyse minutieuse et cette discus*sion subtile ne furent pas exemptes, comme Guizot le démontra dans une forte réplique, d'erreur et de parti pris. Mais le discours, pris dans son ensemble, était animé d'un souffle puissant, dont l'effet fut d'autant plus grand que Lamartine avait traité Guizot avec une généreuse justice. Il avait salué son intelligence comme étant « k la hauteur de toutes les choses humaines de son temps et des autres temps ». Même il avait refusé d'incriminer en lui « une sorte de ressentiment invétéré contre la liberté. Il n'est pas un de ces hommes, dit-il, qui ont peur des idées, et il a ses raisons de n'en avoir pas peur ». Moins d'un mois après "^ Guizot démentait cet éloge par une résistance aveugle qui lui coûta le pouvoir et à Louis-Philippe son trône. La révolution du 24 février naquit de la « peur d'une idée ». '

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