Vie de Icd Chatam
de laïf^ emprunts, marque au jour le jour ses efforts, ses progrès et ses espérances dans l'art oratoire. Sineère jusqu'à la naïveté, elle nous révèle une ténacité que rien ne lasse • dans une âme ardente et confiante, qui se dit sûre d'arriver au but par un courage inflexible et un travail opiniâtre. L'au* dace de Lamartine ne craint pas de s'exposer à des chutes qui sont la condition du succès final. « Je veux, ditril au lendemain de son second discours, m'exercer, tant que je pourrai, à parler hardiment et souvent sur toute chose pour vaincre la difficulté extrême de tribune et conquérir Timprovisation. » (9 janvier 1834.)
Au bout de quinze mois il a suffisamment parlé « sur toute chose » pour que Timon lui consacre dans la Nouvelle Minerve du 12 avril 1835 une longue étude qui est le plus précieux des témoignages contemporains. Il s'en faut, selon ce portrait, que l'orateur du parti social ait encore acquis la voix, le geste, Taccent, le mouvement et la vie : « M. de Lamartine récite et n'improvise pas... ^ Ses discours n'ont ni la mélodie rythmique de la poésie ni l'allure libre, dégagée, ferme et naturelle de la prose. Il ne peut marcher sans un bagage d'épithètes oiseuses. Il court après des sons d'oreille et des effets de prosodie. Il se complaît et se berne dans les désinences cadencées. Il noie sa pensée dans un déluge de tropes et de métaphores et ses motions parlementaires finissent en queues de strophes. » En d'autres termes, l'auteur des Harmonies apportait les procédés du poète dans la discussicm des crédits additionnels et du projet de loi sur les Caisses d'Épargne. Â Dargaud, qui lui démontrait que <( l'éloquence parle, si la rhétorique développe », il répondait en 1831 : « Cette distinction que vous faites entre la rhétorique et l'éloquence est incontestable.* Elle s'applique même à la poésie. Ainsi moi, qui ne suis pas rhéteur, j'aurai à écarter les circonvolutions de l'image quand j'aborderai la tribune ^ »
Le Conseil Grénéral deSa6ne-et-Loire, qu'il aimait comme
1. Lamartino récitait, mais 11 ne lisait pas. Le i** février i834, il écrivait à Virieu : « Tu n'as pas l'idée de monter & nne tribune pareille et d'y parler sans radotages et sans être stupéfié par les regardeurs et les auditeurs et les interrupteurs. Qaanl A lire^ U n'y foui pa» peoMert cela ne ê'ieoatt poê da loaL >