Mari de la reine Christine d'Espagne
5. Les deux dépêches de lord Normanby à lord Palmerston, da a septembre 1846 et du 27 septembre (en réalité du 25), commentées par LamarUne avec une sévérité presque injurieuse, fournirent à TAngleterre et à l'opposition française, dont Thiers fut le porte-parole, Voccasion d'incriminer vivement l'attitude de Guizot. Au cours d'une visite qu'ils lui avaient faite à Eu, dans l'automne de 1845, la reine Victoria et lord Aberdeen avaient obtenu de Louis-Philippe, en échange de la renonciation à la candidature Cobourg, l'assurance que le mariage projeté entre le dac de Montpensier et l'Infante n'aurait lieu que si Isabelle, mariée, avait un enfant. Or, d'après la première dépêche de lord Normanby, Guizot, interrogé par lui sur la simultanéité des deux mariages, lui aurait répondu qu'ils ne se feraient pas'aa même moment. Au contraire, d'après la seconde dépêche, le ministre aurait, dans un nouvel entretien, reconnu que les deux mariages devaient être célébrés ensemble, et il aurait ajouté, pour concilier les deux réponses que, dans la cérémonie, la reine devait être mariée la première. C'est sur la foi des dépêches de lord Normanby que Lamartine voulait infliger à Guizot le commentaire de l'auteur des ProoineiaUs. Quand on étudie à fond cet incident complexe, on est porté à accuser Guizot de maladresse, mais non de duplicité. (Thureau-Dangin, VI, 317, 297,309-313).
Digitiz
Cobourg un Çantôme pour effrayer.
Intrigue espagnole, dénouement français, douce violence.
Exclure et non prétendre ^
Enfin le Prétendant français a triomphé — la France avec lui.
Voyons !
Alliances qui affaiblissent. — développer.
Quant à TÉspagne. — Quant à nous. — Quant à TEurope.
Quant à TEspagne. En vous alliant à un parti salique, contre vous tous les autres — intervention étemelle.
Quant à nous. Triomphez- vous, à quel prix? — Sang. — Succombez-vous, un roi sur les bras. — Succession.
Caractère ombrageux. Parlement espagnol.
Amitié désintéressée, non dynastie imposée.
Quant à TEurope, les suppositions, faites-les vous-mêmes.
1* Que la Reine meure. Un père à Paris, fils à Madrid. Si vous croyez que l'Europe assiste à ce phénomène. Je me reconnais en hallucination I Je vis sous Charles-Quint I Casus belli ou honte!
2^ Qu'elle n'ait pas d'enfants quelques années — tension — < Casus belli ou honte 1
S"* Jamais d'enfants. Un oncle à Madrid, un neveu à Paris. Même politique sur deux trônes. Le détroit dans une même main. L'Europe qui a versé tantde sang pour Utrecht. Casus belli ou honte sur les deux pays.
4<^ Mais supposons même que l'Europe ne conteste pas quelle situation fait à la France la responsabilité du gouvernement espagnol. Si guerre civile salique, irez-vous? guerre n'irez-vous pas? Casus belli ou honte! ^
5^ Dynastie de 1830 reconnue à Paris, non reconnue au delà des Pyrénées. Quel chaos! quelle mêlée! quelles contradictions!
Passerez- vous outre? Guerre.
Reculez-vous? Honte. Casus belli!
6* Ce gouvernement voudra-t-il grandir? reconquérir l'Amérique? Guerre avec les Etats-Unis.
1. Celte formule se retrouve dans un article publié par Lamartine le 24 octobre 1847 sur la situation de' la France à l'extérieur : c La politique française était d'exclure et non de prétendre en Espagne ».
3. Lamartine avait d^à examiné cette conjecture dans l'article du 4 octobre iS46. Il écrivait : « Supposez que l'Europe vous défle d'intervenir dans un pareil chaos et fasse de cette intervention un casas belli^ que ferez-vous? N'irez-vous pas? Vous serez lAches et déshonorés. Irez-vous? Vous irez, au nom et avec les armes de la France libre et révolutionnaire, restaurer en Espagne le pouvoir absolu, le gouvernement courtisanesque et sacerdotal, et la contre-révolution. »
Reprendre Gibraltar? fermer ses ports? Guerre avec l'Angleterre.
Reconstituer son ascendant à Naples? Guerre avec TAutriche. Vous entraînera dans toutes ^ses collisions. Casus belli!
A rintérieur :
Sera-t-il progressiste? Vous aurez à combattre son esprit révolutionnaire.
Sera-t-il absolutiste et sacerdotal? L'épée de la France sera emplojrée à soutenir la servitude et la superstition monacale à Aranjuez et à FEscurial.
L'esprit s'abtme dans ce gouffre de contradictions qui aboutissent toutes à casus belli ou imominie ^
Oui, vous avez par ce succès posé la question sur un Casus belli étemel.
La stabilité sur un volcan !
3* Partie».
Et maintenant vous nous dites : vous êtes de mauvais Français I Vous ne voulez pas confondre la nation dans le succès de la (fynastie I La cause est une. C'est là la monarchie.
Je ne demande pas mieux. J'avoue même que la monarchie de Juillet a toutes les conditions : origine commune, réprobation commune, antiquité de souche.
Drapeau tricolore des trônes!
S'interposer utilement paix'.
Je serai juste — quelque temps* — Belpque. La vérité illumine les regards mourants de Casimir Perier. Ecarta la
1. On devine U force qu'aurait eue, repris à la fin de chacune des hypothèses envisagées, le dilemme entre la guerre et la honte. C'est un exemple de plus, et sans doute le plus saisissant, du goût que Lamartine avait, comme Vergniaud, pour la répétition. Ce procédé, d'un emploi facile, risque, s'il est mal uliliaé, de provoquer la lassitude. Mais, manié par un grand orateur, avec tact et justesse, il est susceptible de produire les plus grands effets.
2. Cette troisième partie commence presque exactement avec la page a des notes de tribune de Lamartine qui sont écrites sur un très grand papier. Le chiffre- de la pagination est accompagné du mot bon. Cette indication montre que le plan ainsi rédigé était le résultat d'un travail antérieur et que d'autres rédactions avaient précédé le texte définitivement arrêté et mis au net par l'orateur.
La troisième partie du discours projeté passe de la question spéciale des mariages espagnols à la critique — et quelle critique ! — de la politique du Gouvernement de Juillet. Il n'en^eût pas été de plus véhément dans l'opposition de Lamartine.
3. Lamartine, s'il a critiqué certaines faiblesses, notamment en Orient et en Espagne, de la monarchie de Louia-Philippe, lui a toujours fait honneur, comme de son titre le plus beau, d'avoir servi ta cause de la paix.
4. Lamartine veut dire que pendant quelque temps, sous la présidence da Casimir Perier, l'attitude du Gouvernement fut digne d'approbation.
dynastie, ne vit que la France; préféra la paix, les portes des cabinets ouvertes à la réconciliation à un trôoe d^ plus à la famille d'Orléans.
Mais prit Ai^cône.
Mais depuis que cet homme d'Etat eût fermé les yeux, anta- ^niame ^
Voyons nos grandes affaires depuis ce temps.
1* Espagne — intervention — Deux ministères tombent. Mystère.
Etait-ce pour don Carlos — punir les nation Etait-ce pour que reine expulsée — hospitalité? ' 2^ Suisse en 1838. Blocus. Mariage Habsbourg '. 3* 1840. Non. Politique imposée* A"* Mais 1841. Rentré dans le concert Signé les boulets de
Saint-Jean d'Acre. Signé le cimeterre ottoman dans le
sang des chrétiens I Alexandrie. Abdication des influences
à Constantinople ^. Voilà pour le dehors.
5® Au dedans Tmtérôt de la nation : fortifier à la circonférence. Capitale casemée.
6^ Recrutement : lanawehr de la liberté I 7*» Marine — 60 vaisseaux — deux batailles — une réserve ^ 8^ Alger, pas à pas. bras engagé.
Pas une affaire où cet antagonisme n'éclate et où la politique de maison royale ne nous aliène peuples ou trônes.
Aussi isolément déplorable après seize ansl
Et cependant que n'a pas sacrifié le pays?
C'était bien — si pour la paix I
Mais vous n'étiez pas la paix — L'hypocrite de la paix!
Aujourd'hui qu'il s'agit d'un établissement de plus, vous jouez à la combustion de l'Europe!
Eh bien y ôtes-vous prêts? à la guerre?