SUR LES CHEMINS DE FER
{L'original appartient à M. Louis Bartbou.j
PI. 7. i»g« 3t8.
Digiti
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financières, politiques et sociales de la conversion proposée Tavait convaincu de son iniquité dangereuse. De plus en plus ferme dans une opposition qui ralliait des partisans de plus en plus rares, il ne lui consacra pas, de 1836 à 1846, moins de six grands discours ^ Était-ce une hérésie financière que Lamartine soutenait? Thiers, s'il faut s'en rapporter aux notes inédites de Duvergier de Hauranne, n^exprimait pas, après la démission du ministère du il octobre, tombé d'ailleurs pour avoir voulu faire ajourner la question, un sentiment différent. Il disait tout haut dans les couloirs de la Chambre : « Maintenant que je ne suis plus ministre, je pourrai du moins dire tout ce que je pense de cette absurde conversion. Croyez-moi, c'est la mesure la plus inepte, la plus folle, la plus funeste qu'on puisse imaginer >. »
Il ne faut pas croire, d'ailleurs, que Lamartine, attaché à une thèse trop absolue, contestât à l'État vis-à-vis de tous les porteurs le droit de leur imposer une option entre le remboursenient de leur créance et la réduction de l'intérêt. C'est à la conversion du 5 p. 100 qu'il s'opposait en raison de ses origines et des conditions de sa constitution. Le premier discours qu'il prononça contre cette opération, le 5 février 1836, se développe avec une magnifique ordonnance où le droit et le sentiment, les conséquences financières et les dangers politiques delà mesure proposée, sont aBajysés sans emphase dans une langue dont l'élégance aisée n'exclut ni la clarté ni la fermeté. Ce discours très préparé ne sent pas l'apprêt. Il est varié et vivant. De plus, il est courageux. La coijiversion, qui donnait aux propriétaires fonciers l'espoir d'un dégrèvement et qui flattait une certaine rancune jalouse de la province contre Paris et de la terre contre la rente, était une mesure populaire. Lamartine savait quelles hostilités il déchaînait contre lui. Il ne s'en souciait guère, a Quand on s'implante dans une popularité vraie et durable, disait-il, on y puise la vie et la durée; quand on s'implante dans une popularité
mensongère, on passe et l'on périt avec elle. » Il protestait
1. s féyrier i836, 29 mars i886, i4 janvier 1888, 17 ayril 1888, 31 avril i845, 9 mars 1846.