XIV
INTRODUCTION
science expérimentale où les principes ne se jugent bien quaux conséquences. Avec cela nous serons^ vous et moi, sur les mêmes bancs, amis de la religion de conscience et non de la religion de police, de la monarchie de raison et non de la monarchie de préjugés^ de la liberté de Platon et non de la liberté de Marius, Mais qui sait si on nous enverra là, vous et moi? Il y a tel chambellan impérial barbouillé de phrases conventionnelles, et flattant la populace aux dépens du bon sens, qui aura souvent plus de chances que nous. Ne vous fiez pas tant à l'élection : regardez les académies ! »
Charles Nodier, à la même époque, n'était pas moins clairvoyant que Victor Hugo sur Vavenir politique de Lamartine, m Vous avez, lui écrivait-il, une double et immense carrière à parcourir, et maintenant un chevalier ne peut plus entrer dans la lice avec avantage quand il a la visière baissée. Il faut qu'il ait tenu l'opinion éveillée, haletante et curieuse. On ne monte au Capitole qu'en passant par le Forum, et je ne sais de tribune accessible au talent que celle des Chambres ou celle des journaux. » (l avril i8S9.)
Thiers, après la révolution de i880, se faisait caressant et pressant, a Que vous êtes heureux â!être vaincu, ou, pour mieux dire, de vous croire vaincu! Car vous êtes à nous et non à eux. Je ne cesse de parler de vous à M. Mole, fen parle à toute la terre. » {^^ septembre i880.) Thiers était trop avisé pour « refuser V intelligence à V imagination y>.
V intelligence et V imagination, un travail soutenu et des dons naturels, contribuèrent à justifier et même à dépasser ces espérances. En 4889, au cours des luttes mémorables contre la Coalition, qui avaient fait de Lamartine le rival, souvent heureux et triomphant, de Guizot et de Thiers, Royer-Collard