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Invocation, Harmonies

LA POESIE ET LA VIE

nies modernes, que d'abord il leur avait donné*? Elles le méritaient pourtant. Humbles ou triomphantes, elles sont toutes pleines du Dieu qu'elles bénissent : c'est l'éternelle prière de la nature interprétée par la foi humaine, un anéantissement d'extase dans une adoration confiante, un « cantique de joie et d'amour » indéfiniment « bourdonné devant le Créateur » ■'.

Ces « célestes moments » de plénitude heureuse, où l'âme se sent à la fois légère et dilatée, sont instables et durent peu^ Près du nouveau David, les révolutions se faisaient, Le pieu qu'il chantait dans les cieux, il le sentit tout à coup frémissant dans l'Humanité * ;

je ne sais quelle voix sourde, profonde, obscure, et qui révèle à tous ce que nul n'a conçu,

trouva en cette bouche de prophète les paroles magnifiques que la foule attendait ^ Son voyage

1. Charles Alexandre, Souvenirs sur Lamartine, Paris, Charpentier, 1884, p. 290.

2. Eternité de la nature, brièveté de l'homme, Harmonies, 202.

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